Jusqu'à dix minutes d'attente au téléphone...
Canicule : il faudra renforcer le numéro d'appel d'urgence 112, reconnaît le ministre Vandenbroucke
Il faudra trouver des moyens pour renforcer le numéro d'appel d'urgence 112, estime le ministre de la Santé après la vague de chaleur qu'a connue le pays en cette fin juin. De premiers chiffres de surmortalité sont également attendus rapidement.
Des données manquent encore sur les conséquences de la canicule de fin juin, mais le ministre devrait disposer rapidement de chiffres partiels sur la mortalité, qui seront examinés au cours d'une réunion du Risk Managenement Group (RMG) et ensuite communiqués.
Il apparaît déjà que les centrales 112 ont été saturées. Le week-end des 13 et 14 juin, le temps d'attente maximal en moyenne sur une heure s'élevait à 38 secondes. Deux semaines plus tard, il est passé à dix minutes.
Le 112, "maillon faible" du système
Des appels aux volontaires ont été lancés pour renforcer les effectifs, mais ils n'ont pas été couronnés de succès.
"C'est un maillon faible de notre système", a reconnu au parlement le ministre pour qui des budgets supplémentaires seront nécessaires. "Ces dernières années, on a investi dans l'aide médicale urgente, principalement dans les ambulances, mais on doit aussi faire un effort pour les centres d'appel 112".
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La réalité dans les hôpitaux était plus nuancée. "Le système hospitalier a pu faire face", a affirmé M. Vandenbroucke. De manière locale et temporaire, des plans ont dû être déclenchés à Marche-en-Famenne, Arlon, Braine-l'Alleud et Tongres. Un centre résidentiel de soins s'est trouvé en phase de pré-alerte à Boom.
Le gouvernement fédéral aux abonnés absents?
Plusieurs députés de l'opposition ont pointé du doigt un manque de coordination et une absence du gouvernement fédéral.
Le ministre s'en est défendu: le SPF Santé, les inspecteurs, le Centre national de crise et le RMG ont été mobilisés et ont travaillé sans relâche pour suivre la situation et la coordination avec les entités fédérées a fonctionné.
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Les mutuelles ont également été à pied d'œuvre. Le ministre a mis en avant l'initiative de volontaires de Solidaris de téléphoner à des personnes isolées.
Il est évident que la reproduction de tels événements implique de s'adapter. "La chaleur des derniers jours était sérieuse. Elle a envoyé un double signal: une crise environnementale, mais aussi une question sociale qui impose de formuler une réponse solidaire", a souligné M. Vandenbroucke.
La première ligne alerte les ministres
Plusieurs organisations de première et deuxième ligne de soins ont tiré la sonnette d’alarme au sujet des dysfonctionnements du numéro d’urgence 112 et du numéro 1733 des postes de garde de médecine générale: « Le week-end des 27 et 28 juin a été catastrophique : de nombreux patients n’ont pas réussi à joindre le 1733 et les temps d’attente au numéro d’urgence 112 ont été très longs », dénoncent-elles.
La lettre ouverte, adressée au ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke et au ministre de l’Intérieur Bernard Quintin, est notamment signée par Wachtposten Vlaanderen, Domus Medica, Zorgnet-Icuro, l’ABSyM-BVAS et ViaCaro.
Tous estiment que les conséquences sur le terrain ont été « désastreuses »: « Des situations de soins mettant la vie en danger et d’autres situations graves n’ont pas pu être prises en charge à temps. Les services d’urgence, déjà fortement sollicités, ont dû absorber un afflux supplémentaire de pathologies relevant des soins de première ligne. »
« Le personnel soignant et d’accueil, à tous les niveaux, a été confronté à une vague de plaintes, y compris à des comportements agressifs. »
« Le personnel soignant et d’accueil, à tous les niveaux, a été confronté à une vague de plaintes, y compris à des comportements agressifs. Des patients inquiets ont tenté de joindre leur médecin généraliste par tous les moyens possibles, y compris sur ses coordonnées privées. »
Les signataires dénoncent également un manque de communication. « Malgré l’ampleur des problèmes, aucun état d’urgence n’a été décrété afin de mobiliser des opérateurs supplémentaires. Cette pénurie d’opérateurs perdure depuis des années, entraînant des délais d’attente toujours plus longs pour les patients et une dégradation de la qualité du triage. »
Un problème récurrent en été
Aujourd’hui, l’ensemble de la population wallonne et 40% des Flamands dépendent de ce service défaillant. Les autres postes de garde de médecine générale en Flandre et ceux de Bruxelles, ne sont d’ailleurs toujours pas raccordés aux centrales d’urgence.
« Les répercussions dépassent largement les seuls postes de garde de médecine générale : les services d’urgence, les maisons de repos et de soins et d’autres acteurs du secteur sont eux aussi affectés. La principale victime reste le patient, qui ne bénéficie pas toujours des soins les plus appropriés », soulignent encore les signataires.
Et de conclure: « Le cumul d’une vague de chaleur, de festivals et d’un risque d’intempéries ne peut servir d’excuse : les données du 1733 pour l’été 2025 montrent que pratiquement chaque week-end estival est marqué par une très forte sollicitation de ce service. Des mesures d’urgence rapides pour les numéros 1733 et 112 sont donc cruciales. »