Publication H.U.B. dans Nature Medicine
La radiothérapie en renfort de l'immunothérapie dans les cancers du sein « froids »
Une étude menée par des chercheurs de l'Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B./Bordet) montre des résultats encourageants dans la lutte contre certains cancers du sein. Les résultats suggèrent que la radiothérapie pourrait contribuer à rendre certaines tumeurs mammaires dites « froides » plus sensibles à l’immunothérapie.
Cette étude clinique développée par des chercheurs de l’Institut Jules Bordet s’intéresse aux cancers du sein dits « froids », c'est-à-dire peu ou mal reconnus par le système immunitaire. « Or, l’immunothérapie fonctionne principalement lorsque la tumeur est déjà « chaude », c’est-à-dire lorsqu’elle attire des cellules immunitaires capables de l’attaquer », explique le H.U.B. par voie de communiqué.
L'étude NeoCheckRay repose sur une approche innovante : utiliser la radiothérapie hautement ciblée pour modifier le microenvironnement tumoral et rendre la tumeur plus sensible à l'immunothérapie.
« Les patientes atteintes d’un cancer du sein précoce, positif pour les récepteurs aux œstrogènes (ER+) et HER2 négatif, présentent un faible taux de réponse pathologique complète après chimiothérapie néoadjuvante. Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire apportent un bénéfice limité dans les tumeurs négatives pour le PD-L1, caractérisées par un microenvironnement tumoral immunologiquement « froid ». Nous sommes partis de l’hypothèse qu’une radiothérapie corporelle stéréotaxique immunomodulatrice (iSBRT; 3 × 8 Gy) pourrait améliorer la réponse en reprogrammant le microenvironnement tumoral, et que le blocage de CD73 pourrait encore accroître son efficacité. », expliquent les chercheurs belges en préambule des résultats.
Déclencher la réponse immunitaire
« La radiothérapie est traditionnellement utilisée pour détruire la tumeur. Nos résultats montrent qu'elle peut aussi jouer un rôle de déclencheur de la réponse immunitaire. En quelque sorte, elle aide le système immunitaire à reconnaître un cancer qu'il ignorait jusque-là », explique, dans le communiqué, le Dr Alex De Caluwé, radiothérapeute à l’Institut Jules Bordet.
Ces résultats encourageants suggèrent qu’un traitement largement disponible comme la radiothérapie pourrait améliorer la réponse à l’immunothérapie lorsqu’il est utilisé différemment, notamment en adaptant le moment du traitement, les doses administrées et les zones ciblées.
« Cette étude constitue une étape importante pour comprendre comment combiner de manière optimale radiothérapie, chimiothérapie et immunothérapie dans le cancer du sein », souligne le Dr Laurence Buisseret, oncologue médicale à l’Institut Jules Bordet.
Améliorer les résultats cliniques sans augmenter le coût des traitements
Les résultats sont publiés en open access dans Nature Medicine, « une reconnaissance internationale de la qualité des travaux menés à l'Institut Jules Bordet », se réjouit le H.U.B, « qui souligne le rôle essentiel des essais cliniques académiques dans le développement de nouvelles approches thérapeutiques au bénéfice des patients. »
Contrairement à de nombreuses innovations en oncologie, cette approche ne repose pas sur de nouveaux médicaments, mais sur l'utilisation optimisée de traitements déjà disponibles.
Contrairement à de nombreuses innovations en oncologie, cette approche ne repose pas sur de nouveaux médicaments, mais bien sur l'utilisation optimisée de traitements déjà disponibles, en l'occurrence la radiothérapie, ce qui signifie qu'elle pourrait améliorer les résultats cliniques sans augmenter de manière substantielle le coût des traitements.
Bien que prometteurs, ces résultats devront être confirmés dans un essai clinique plus vaste avant de modifier les pratiques médicales.
Référence
De Caluwé, A., Desmoulins, I., Cao, K. et al. Neoadjuvant stereotactic body radiation therapy with durvalumab and oleclumab in ER+HER2− breast cancer: a randomized phase 2 trial. Nat Med (2026). doi.org/10.1038/s41591-026-04453-z