3,4 milliards de dépenses pour les médicaments
Solidaris: "Cibler les surprofits plutôt que les patients"
Selon des prévisions du Bureau fédéral du Plan, les dépenses de soins de santé devraient augmenter de 10,9 milliards d’euros entre 2025 et 2035, soit une croissance annuelle moyenne de 2,6 %. Les fournitures pharmaceutiques enregistrent la plus forte augmentation des dépenses, avec une hausse de 3,4 milliards d’euros.
Le vieillissement de la population nécessitera de mobiliser des moyens financiers supplémentaires, toujours selon le Bureau du Plan. Par conséquent, Solidaris exhorte le gouvernement à réaliser les économies nécessaires dans le secteur pharmaceutique afin de les réinvestir dans l’assurance obligatoire.
« Il y a déjà des années que Solidaris interpelle les politiques sur l’urgence de réguler le secteur pharmaceutique. Tous les rapports montrent que nous avions raison de tirer la sonnette d’alarme : il y a une opportunité d’aller chercher l’argent là où il se trouve pour le réinvestir dans les besoins nouveaux », explique Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.
Il n’est ici ni question de nier l’importance du médicament dans les soins de santé, ni l’apport du secteur pharmaceutique. Il est « juste » question de réguler les prix pratiqués par le secteur pharmaceutique et d’assurer la soutenabilité des dépenses en matière de santé.
"Il y a une opportunité d’aller chercher l’argent là où il se trouve."
- Jean-Pascal Labille
Comme en témoigne la récente étude internationale de l’AIM, la Belgique pourrait récupérer plus de 819 millions d’euros chaque année si elle payait le juste prix des médicaments à l’industrie pharmaceutique.
Solidaris refuse que l’on réalise des millions d’euros d’économies sur le dos des patients en déremboursant certains médicaments, alors que le problème se situe dans les prix exorbitants de certains traitements vendus par l’industrie, comme en témoigne la dernière enquête journalistique (ICIJ), montrant le prix exorbitant du Keytruda.
"Deux poids, deux mesures"
« Nous rentrons bientôt dans un nouvel exercice budgétaire. Si le gouvernement s’obstine à réaliser des économies, qu’il le fasse sur les profits de l’industrie pharmaceutique. Augmenter les tickets modérateurs sur les médicaments et ne pas s’attaquer aux surprofits dans l’industrie pharmaceutique : n’y a-t-il pas un deux poids, deux mesures incompréhensibles pour les patients ? », insiste Jean-Pascal Labille.
La solution existe : Solidaris propose de modifier la loi afin d’intégrer le modèle du « fair price » comme base de négociation avec l’industrie pharmaceutique. Cette solution permettrait de négocier des prix justes pour les médicaments. Dans le cadre de l’élaboration du budget INAMI, Solidaris sera extrêmement vigilant à ce que les patients soient protégés et que la qualité des soins soit préservée.