L’INAMI lance un baromètre du retour au travail pour les indépendants
Près de 38.915 travailleurs indépendants ou conjoints aidants étaient en incapacité de travail depuis plus d’un an en 2025, soit une hausse de 9,8 % en un an. Face à cette progression, l’INAMI étend son Baromètre Retour au Travail aux indépendants afin de mieux suivre leur parcours et d’adapter les dispositifs d’accompagnement.

Après les salariés et les demandeurs d’emploi, les travailleurs indépendants disposent désormais de leur propre Baromètre Retour au Travail. Lancé par l’INAMI, cet outil rassemble une série d’indicateurs sur les entrées et sorties d’incapacité, l’évaluation du potentiel de travail, l’accompagnement proposé et les différentes formes de reprise d’activité.
L’objectif est de mieux cerner les réalités propres aux indépendants. Ceux-ci représentent environ 15 % de la population active belge, contre 85 % pour les salariés. Une incapacité peut toutefois avoir des conséquences particulièrement lourdes sur leurs revenus, la continuité de leur entreprise et, le cas échéant, l’emploi de leurs collaborateurs.
Les invalidités progressent fortement
Selon les statistiques de l’INAMI pour 2025, 38.915 indépendants ou conjoints aidants étaient reconnus en incapacité de travail depuis plus d’un an. Leur nombre a augmenté de 9,8 % par rapport à 2024 et de 32,2 % depuis 2021.
La progression est encore plus marquée pour les invalidités liées à la dépression et au burn-out, qui constituent l’une des deux principales causes d’incapacité de longue durée. Chez les indépendants, elles ont augmenté de 12,8 % en un an, contre 4,8 % parmi les salariés et les demandeurs d’emploi. Sur quatre ans, la hausse atteint 65,1 % chez les indépendants, contre 30,7 % dans les autres catégories.
Pour Clara Arbesu, directrice générale du Service des indemnités de l’INAMI, ces chiffres confirment la nécessité d’un suivi adapté à ce statut professionnel. « Les réalités des indépendants et leurs possibilités de reprise présentent des particularités qui doivent être prises en compte dans la politique du retour au travail », souligne-t-elle. Elle insiste également sur la prévention de l’incapacité, le soutien pendant celle-ci et la reprise d’une activité « appropriée et de qualité ».
Plus d’un indépendant sur quatre reprend une activité
Le premier baromètre fait néanmoins apparaître une évolution encourageante. La proportion d’indépendants en invalidité ayant repris une activité est passée de 19,9 % à la fin de 2018 à 27,6 % à la fin de 2024. Cette progression concerne également les personnes souffrant de troubles psychiques ou musculosquelettiques, les deux principales causes d’invalidité.
« De plus en plus d’indépendants reprennent leur activité à temps partiel pendant leur période d’incapacité » - Eléonore Simonet, ministre (MR) des Classes moyennes, des Indépendants et des PME
La reprise s’effectue souvent de manière progressive. « De plus en plus d’indépendants reprennent leur activité à temps partiel pendant leur période d’incapacité », observe Eléonore Simonet, ministre (MR) des Classes moyennes, des Indépendants et des PME. « Une interruption d’activité ne doit pas nécessairement être une fin en soi : un nombre croissant d’indépendants retrouvent le chemin du travail, souvent d’abord à temps partiel, puis à nouveau à temps plein. »
Plusieurs dispositifs doivent faciliter cette reprise. Les mutualités disposent désormais de plus de 100 équivalents temps plein affectés à la coordination du retour au travail des salariés et des indépendants. Depuis 2023, un questionnaire est également proposé systématiquement aux personnes en incapacité pour évaluer leurs besoins et leurs possibilités de reprise. La répartition des assurés selon leur potentiel de travail doit, quant à elle, permettre de les orienter vers un accompagnement plus adapté.
« Avec le lancement du Baromètre Retour au Travail pour les indépendants, nous créons un instrument qui montre l’impact des mesures prises et la direction que doit prendre la politique future » - Frank Vandenbroucke
En centralisant les données, l’INAMI entend mieux anticiper les besoins, depuis l’entrée en incapacité jusqu’à la reprise professionnelle. Les indicateurs permettront aussi de mesurer les effets des mécanismes d’accompagnement et de les ajuster.
« Avec le lancement du Baromètre Retour au Travail pour les indépendants, nous créons un instrument qui montre l’impact des mesures prises et la direction que doit prendre la politique future », explique le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke. « Nous pouvons ainsi surveiller le pouls et apporter des ajustements si nécessaire. »
Conçu par les équipes du Service des indemnités de l’INAMI, ce nouvel instrument complète le baromètre déjà consacré aux salariés et aux demandeurs d’emploi. Ses indicateurs sont appelés à évoluer afin d’affiner le suivi des indépendants en incapacité et d’orienter la politique de retour au travail.