Hantavirus en mer : l’OMS inquiète
Trois personnes sont décédées sur le paquebot néerlandais Hondius. Il effectuait une croisière autour du Cap-Vert. L’OMS est inquiète car une transmission interhumaine du virus (assez rare en l’espèce) est une possibilité. Or une des passagères entretemps décédée avait pris l’avion pour Johannesburg… La pandémie covid-19 est encore dans les têtes...
A l’heure d’écrire ces lignes (le 7 mai), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère espagnol de la Santé ont convenu que des épidémiologistes inspecteraient mardi après-midi, 5 mai, le paquebot néerlandais Hondius. L’OMS soupçonne en effet qu’il y ait eu une transmission interhumaine dans le bateau néerlandais qui déplore déjà trois morts. Ces trois passagers ont-ils contracté le virus avant d’embarquer ? L’hantavirus se transmet notamment par l’urine de rongeurs. Or ceux-ci sont rares sur les bateaux de croisière. Mais un bateau sans aucun rat n’est pas non plus si courant.
Durée d'incubation de une à six semaines
"Compte tenu de la durée de la période d'incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu'ils ont été infectés en dehors du navire [et] nous pensons qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit", a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
L’OMS s’est d’abord un peu accrochée avec les autorités espagnoles. Pour l’organisation internationale, il était évident que les passagers pourraient débarquer aux Canaries proches du Cap-Vert là où le navire avait jeté l'ancre. Mais pour l’Espagne, qui craignaient une contamination, c’était moins évident en fin de semaine dernière. "En fonction des données épidémiologiques qui seront recueillies sur le navire lors de son passage par le Cap-Vert, il sera décidé quelle escale est la plus pertinente. D'ici là, le ministère espagnol de la Santé n'adoptera aucune décision, comme nous l'avons fait savoir à l'Organisation mondiale de la santé", précisait le ministère sur X, peu après que l'OMS avait indiqué que l'Espagne avait accepté de recevoir le paquebot aux Canaries…
Retrouver les contacts d'une passagère infectée
L’OMS ayant été blâmée pour son manque de réactivité au commencement de la pandémie covid-19 a mis les bouchées doubles cette fois. L'organisation a fait dès lors des démarches pour retrouver les passagers du vol à bord duquel une croisiériste néerlandaise contaminée à l'hantavirus a été évacuée depuis l'île de Sainte-Hélène vers Johannesburg par avion. La passagère est entre-temps décédée à l’hôpital tandis que son mari est, lui, décédé sur le paquebot.
Cette Néerlandaise de 69 ans avait été débarquée à Sainte-Hélène le 24 avril avec des symptômes gastro-intestinaux pour ensuite embarquer le lendemain pour Johannesburg. Elle est décédée le 26 avril et son infection à l'hantavirus a pu être confirmée. "Des recherches ont été lancées pour retrouver les passagers de ce vol", a ajouté l'organisation.
Des épidémiologistes à bord
A l’heure d’écrire ces lignes, une équipe d'épidémiologistes devait évaluer l'état de santé des 147 personnes à bord du paquebot.
"Cette intervention vise à évaluer l'état de santé des personnes à bord du navire, à déterminer s'il y a d'autres personnes présentant des symptômes et à identifier les contacts à haut ou à faible risque. Cela permettra de prendre des décisions concernant les procédures de rapatriement et l'itinéraire du navire", déclarait le ministère espagnol de la Santé sur le réseau social X mercredi.
7 cas présumés d'hantavirus, 2 Belges à bord
Le navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert quand des passagers ont été victimes d'un syndrome respiratoire aigu, fatal pour trois d'entre eux. Deux cas d'hantavirus ont été confirmés en laboratoire tandis que cinq autres cas moins graves semblaient également relever de ce virus principalement transmis à l'être humain par des rongeurs, mais devaient encore être corroborés. Outre trois personnes mortes en milieu de semaine dernière, un patient se trouvait dans un état critique.
Ce dernier a été soigné aux soins intensifs d'un hôpital sud-africain. Il s'était présenté chez le médecin de bord le 24 avril, alors qu'il montrait notamment des signes de pneumonie. Des tests ont confirmé le 2 mai son infection par un hantavirus.