Médicaments amaigrissants : le nombre de saisies bondit, le marché parallèle inquiète
Les autorités belges ont saisi 5.185 unités de médicaments antidiabétiques, dont des analogues du GLP-1 utilisés pour perdre du poids, entre janvier et septembre 2026, contre 2.869 sur toute l'année 2025, annonce l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS).

En résumé
En Belgique, 5.185 unités de médicaments antidiabétiques, dont des analogues du GLP-1, ont été saisies en neuf mois en 2026, contre 2.869 sur toute l’année 2025. Vox Obesity constate une hausse des demandes d’accès au marché parallèle. L’AFMPS alerte sur les risques : composition incertaine, dosages inadaptés et effets indésirables graves. Ces traitements nécessitent une prescription et un suivi médical. Leur vente en ligne est interdite.
En 2024, les saisies dans cette catégorie atteignaient 6.644 unités. Sur les neuf premiers mois de 2026, ces médicaments représentent près de 58% des unités saisies parmi les différentes catégories de produits utilisés pour perdre du poids recensées par l'AFMPS, contre 18% sur l'ensemble de l'année 2025 et 27% sur l'ensemble de l'année 2024.
Les chiffres concernent aussi bien des médicaments destinés au traitement du diabète que des produits de la famille des GLP-1, sans permettre de distinguer précisément les différentes molécules.
Le marché parallèle en développement...
L'AFMPS saisit chaque année plusieurs milliers de colis postaux contenant des médicaments illégaux. D'autres substances utilisées à des fins d'amaigrissement sont également interceptées, notamment des diurétiques, des laxatifs, des hormones thyroïdiennes et des stimulants, dont certains interdits comme la sibutramine.
Parallèlement, l'association de patients Vox Obesity constate une multiplication des sollicitations de personnes cherchant à se procurer ces traitements sur le marché parallèle, alors que les autorités ont récemment écarté le remboursement du Wegovy et du Mounjaro dans le traitement de l'obésité.
Comment les fraudeurs contactent de potentiels clients
"On remarque que beaucoup de personnes sont déçues que ce remboursement ne soit pas accordé", explique sa présidente, Pascale Brughmans.
Selon elle, de nombreux patients contactent l'association pour savoir comment se procurer ces traitements en dehors des circuits officiels. Certains deviennent des cibles pour les fraudeurs. "Les personnes qui postent des commentaires publics sous ma vidéo se font par la suite démarcher en privé par des arnaqueurs", déplore-t-elle.
La présidente, connue sous le nom de "Miss 100 kilos" sur les réseaux sociaux, milite pour la reconnaissance de l'obésité comme une maladie et s'inquiète des difficultés financières rencontrées par les patients pour accéder à ces traitements.
Traçabilité compliquée
Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a refusé en juin le remboursement du Wegovy dans le traitement de l'obésité, avant de prendre une décision similaire pour le Mounjaro en octobre. Ce dernier reste remboursable sous certaines conditions dans le traitement du diabète de type 2.
LIRE PAR AILLEURS : Le refus du remboursement du Mounjaro risque de créer une "médecine à deux vitesses"
L'AFMPS souligne que ces médicaments sont régulièrement proposés à la vente sur des sites frauduleux et les réseaux sociaux. Leur composition et leur traçabilité ne peuvent être garanties. Certains produits peuvent contenir une autre substance active que celle annoncée, présenter un dosage inapproprié ou ne contenir aucun principe actif. Des effets indésirables graves ont par ailleurs été signalés après l'utilisation de stylos contenant de l'insuline à la place du sémaglutide.
L'agence ne dispose pas de données permettant de déterminer si les produits saisis sont des contrefaçons ou des médicaments authentiques détournés des circuits officiels. Les produits saisis ne font en effet pas systématiquement l'objet d'analyses en laboratoire.
Mésusage et effets secondaires
L'AFMPS met également en garde contre la commercialisation de substances encore expérimentales, comme le rétatrutide, un traitement dont la sécurité n'est pas encore pleinement établie. L'agence rappelle aussi les risques associés au mésusage des traitements à base de GLP-1, notamment les troubles digestifs, la déshydratation et, dans certains cas plus rares, des complications graves comme une pancréatite.
L'AFMPS appelle dès lors les patients à ne pas se procurer ces médicaments en dehors des circuits légaux et rappelle que leur utilisation nécessite une prescription et un suivi médical approprié. Leur vente en ligne est interdite en Belgique.