Lutte contre le gaspillage et la pollution
La durée de conservation des médicaments prolongée
Quelque 14 entreprises pharmaceutiques ont répondu à la demande des autorités françaises d’allonger la durée de conservation de certains médicaments. Au total, 73 produits sont concernés. L'initiative s’inscrit dans la lutte contre le gaspillage des médicaments et la pollution liée à leur élimination.

En 2024, 716 tonnes de médicaments non utilisés et/ou périmés ont été collectés chez nous. En partenariat avec d’autres acteurs, pharma.be a mis en place une initiative multipartite permettant aux patients de rapporter gratuitement ces médicaments à leur pharmacien. Cette action s’inscrit dans les efforts déployés par pharma.be pour réduire son impact sur l’environnement.
Le volume de médicaments rapportés augmente d’année en année. Ainsi, en 2020, elle s’élevait à 619 tonnes. Selon Marie Vande Ginste, Prevention & Sustainability Advisor chez pharma.be, ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence.
« Une hausse des volumes collectés peut indiquer que davantage de patients rapportent correctement leurs médicaments, mais elle peut tout aussi bien être le signe d’un gaspillage accru de médicaments. À l’inverse, une diminution des volumes peut refléter à la fois une baisse des retours et une utilisation plus efficace des médicaments. Ces chiffres ne permettent donc pas de tirer directement des conclusions sur le comportement des patients ou sur l’ampleur du gaspillage. »
Durabilité
En France, Cyclamed assure, depuis 2010, la collecte des médicaments non utilisés. En 2024, 7.795 tonnes de médicaments dont la date de péremption était dépassée ont été collectées. La quantité totale de médicaments dans cette situation est estimée à 9.960 tonnes. Dans le prolongement de la COP de Belém en 2025, la France s’est engagée à promouvoir des soins de santé plus respectueux de l’environnement. Le développement de médicaments plus durables s’inscrit dans cette démarche.
L’une des initiatives concrètes en ce sens consiste à prolonger la durée de conservation de certains médicaments. À l’heure actuelle, la plupart d'entre eux ont une « durée de vie » de deux à trois ans. Moins de 10 % peuvent être utilisés pendant cinq ans. Une réévaluation de leur durée de conservation pourrait permettre de la prolonger. Cette mesure permettrait non seulement de réduire le gaspillage, mais aussi de diminuer le risque de pénuries.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), l'équivalent français de l’AFMPS, a donc lancé un appel aux laboratoires afin qu’ils proposent des médicaments susceptibles de bénéficier d’une prolongation de leur durée de conservation; 14 ont répondu à l'appel, pour un total de 73 médicaments, dont des produits à base de paracétamol, de mélatonine et de lithium. Une première évaluation montre que la durée de conservation de 47 de ces médicaments pourrait être portée à quatre ans ou plus.
Au niveau européen
« Vu que ces demandes sont traitées dans le cadre réglementaire habituel, un tel projet serait en principe possible en Belgique également », explique Ann Eeckhout, porte-parole de l’AFMPS. « Il est toutefois important de préciser que la plupart des médicaments en Belgique sont autorisés dans le cadre de procédures auxquelles participent également d’autres États membres. Si une prolongation de la durée de conservation est demandée, elle doit être introduite auprès de tous les États membres concernés et c’est l’État membre de référence qui sera chargé de l’évaluer. Pour les médicaments autorisés au niveau européen selon la procédure centralisée, la demande doit être introduite auprès de l’Agence européenne des médicaments (European Medicines Agency, EMA). Dans ce contexte, il semblerait donc plus indiqué d’organiser un tel projet à l’échelle européenne. »