Sandoz met en garde contre la fermeture de la dernière usine européenne de pénicilline
Le géant pharmaceutique suisse Sandoz met en garde contre la possible fermeture de la dernière usine européenne produisant les antibiotiques de bout en bout. Selon l'entreprise, le site risque de passer à côté de mesures de protection car l'Agence européenne des médicaments (EMA) envisage de retirer l'amoxicilline de sa liste de médicaments critiques...
L'usine de Sandoz (Kundl, Autriche) est la seule usine d'antibiotiques en Europe qui maîtrise l'entièreté de sa chaîne de production. Plus de 2.000 personnes y travaillent.
Il y a moins de trois ans, Sandoz a bénéficié d'une aide de 50 millions d'euros du gouvernement autrichien pour la modernisation et l'extension du site. Ce soutien est intervenu après une pénurie d'antibiotiques qui avait débuté fin 2022 et n'avait été résolue qu'à la mi-2025. Il devait contribuer à réduire la dépendance à l'égard des fournisseurs d'antibiotiques chinois et indiens.
Une capacité remise en question
Avec l'investissement total de 150 millions d'euros, la production y a été portée à 240 millions de boîtes par an, une quantité suffisante pour couvrir la majeure partie de la demande européenne et nord-américaine. En raison de l'importation d'antibiotiques beaucoup moins chers de Chine et d'Inde, Sandoz ne parvient toutefois pas à utiliser pleinement cette capacité.
Si l'amoxicilline venait à disparaître de la liste des médicaments critiques dans l'Union européenne (UE), cela porterait un coup fatal pour l'usine de Kundl.
Concurrence asiatique
L'UE met la dernière main à de nouvelles règles visant à promouvoir la production locale de médicaments critiques. Si l'amoxicilline en est exclue, Sandoz risque de passer à côté de mesures de soutien financier et les autorités ainsi que les hôpitaux ne pourraient plus formuler d'exigences explicites concernant le lieu de production lors des marchés publics.
La concurrence moins chère venue de Chine et d'Inde frapperait alors Sandoz encore plus durement.