ABSyM : "De nouvelles économies à charge des médecins seraient difficilement acceptables"
La proposition de budget des soins de santé 2027, qui prévoyait 141,5 millions d’euros d’économies, dont 36,9 millions à charge des médecins, n’a pas obtenu l’approbation du Conseil général de l’Inami le 19 octobre. En cause : l’abstention des représentants du gouvernement en pleine discussion pour trouver 10 milliards sur le reste de la mandature. L’ABSyM craint que le fédéral impose des efforts supplémentaires à la profession.
L’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM) avait accepté, le 5 octobre, la proposition de budget 2027 élaborée au sein du Comité de l’assurance de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami). Ce compromis prévoyait un effort global de 141,5 millions d’euros, dont 36,9 millions d’euros pour les médecins.
Dans son communiqué du 20 octobre, le syndicat rappelle avoir approuvé cet effort dans un esprit de responsabilité et de solidarité avec les autres acteurs des soins de santé. Il souligne toutefois que les médecins n’étaient pas, selon lui, à l’origine du dépassement budgétaire constaté. D’après les chiffres dont disposait l’ABSyM, les dépenses du secteur médical se situaient même environ 17 millions d’euros sous les estimations.

Dès son approbation, le syndicat avait posé une limite : cet effort ne pouvait servir de point de départ à de nouvelles économies imposées aux médecins.
La décision revient au gouvernement fédéral
Le 19 octobre 2026, le Conseil général de l’Inami n’a pas adopté la proposition du Comité de l’assurance. Les représentants du gouvernement se sont abstenus, alors que leur approbation unanime est nécessaire à l’adoption du budget, précise l’ABSyM.
L’initiative revient désormais au gouvernement fédéral, qui peut présenter une proposition alternative jusqu’au 31 décembre 2026.
Pour le syndicat, cette absence de décision accroît considérablement l’incertitude. Les 36,9 millions d’euros déjà acceptés par les médecins pourraient ne pas constituer l’effort définitif demandé à la profession en 2027. D’éventuelles mesures supplémentaires dépendront des arbitrages budgétaires fédéraux. L’ABSyM redoute donc des économies plus importantes dans les soins de santé, notamment à charge des médecins.
L’ABSyM estime avoir accepté un compromis difficile le 5 octobre. Elle prévient qu’elle ne pourrait accepter que l’absence d’accord politique alourdisse encore la facture des médecins et, plus largement, des prestataires de soins.
L’ABSyM estime avoir accepté un compromis difficile le 5 octobre. Elle prévient qu’elle ne pourrait accepter que l’absence d’accord politique alourdisse encore la facture des médecins et, plus largement, des prestataires de soins.
La profession affronte déjà plusieurs transformations majeures : la réforme de la nomenclature, les réformes du financement et du paysage hospitaliers, l’échange électronique des données de santé et une charge administrative croissante.
Dans ce contexte, le syndicat refuse que les soins de santé deviennent la « variable d’ajustement » du budget fédéral à chaque nouvel effort d’économies. Selon lui, l’accumulation des restrictions budgétaires et des réformes, sans donner aux acteurs de terrain les moyens de s’adapter, fragilise les conditions d’exercice des professionnels. Elle menace aussi la capacité du système de santé à garantir des soins accessibles et de qualité.
Préserver la capacité d’investissement des médecins
L’ABSyM annonce qu’elle suivra avec la plus grande attention les prochains arbitrages gouvernementaux. Pour le syndicat, l’enjeu dépasse le montant des économies : il s’agit de permettre aux médecins de continuer à investir dans leur pratique, d’exercer dans de bonnes conditions et de garantir l’accès des patients à des soins de qualité.
Le Dr Patrick Emonts adresse donc un avertissement au gouvernement : après un premier effort accepté de 36,9 millions d’euros, de nouvelles économies à charge des médecins seraient « difficilement acceptables ».