Médecine du travail

Les absences d’une journée pour cause de maladie ont augmenté de moitié depuis la suppression du certificat médical

Le taux global d’absentéisme de courte durée n’a pas connu d’évolution significative

Depuis la suppression du certificat médical pour les absences d’un jour, les salariés des grandes entreprises déclarent en moyenne 54 % de jours de maladie en plus. C’est ce qu’a indiqué mardi le prestataire de services en ressources humaines Securex. Selon l’entreprise, cette hausse ne traduit pas nécessairement des abus : elle pourrait même contribuer, à terme, à prévenir les absences de longue durée.

Belga - 20 octobre 2026

Depuis fin 2022, les salariés des entreprises belges comptant au moins cinquante employés pouvaient s’absenter pour cause de maladie pendant une journée sans présenter de certificat médical, à raison de trois fois par an au maximum. Depuis 2026, cette possibilité a été ramenée à deux fois par an. Les chiffres montrent que les salariés ont largement recours à ce dispositif, tandis que le nombre d’absences de deux à cinq jours n’a pas diminué.

Ces chiffres peuvent également indiquer que les travailleurs s’accordent plus rapidement du temps pour se rétablir, plutôt que de continuer à travailler alors qu’ils sont malades.

Pour les employeurs, les conséquences restent toutefois limitées, du moins sur le plan financier. « Le taux global d’absentéisme de courte durée, jusqu’à un mois, n’a pas évolué de manière statistiquement significative. Rien n’indique donc que la mesure entraîne une hausse des coûts salariaux directs liée à une augmentation du nombre de jours de maladie », rassure Securex. Sur le plan organisationnel, les absences d’une journée se font en revanche sentir : adaptation des horaires en urgence, recherche de remplaçants et charge de travail accrue pour les collègues.

Lire aussi : Recherche : 110 médecins généralistes pour rédiger des certificats médicaux à temps plein

Securex souligne que les chiffres montrent, à ce stade, uniquement un changement de comportement, sans qu’il soit possible d’y associer une intention positive ou négative. « Cela ne traduit pas, par définition, des abus. Les chiffres peuvent aussi indiquer que les travailleurs s’accordent plus rapidement du temps pour récupérer, plutôt que de continuer à travailler alors qu’ils sont malades. » Une telle journée de repos pourrait prévenir une absence de longue durée, même si l’avenir devra encore le confirmer.

Parallèlement, le gouvernement fédéral a mis en place d’autres mesures, telles qu’un suivi plus précoce de l’incapacité de travail et une réintégration plus rapide et mieux structurée. Pour s’attaquer en profondeur à l’absentéisme de longue durée, un éventail plus large d’actions reste nécessaire, souligne le prestataire RH : « Les gains les plus importants résident dans la prévention des absences, grâce à des leviers structurels tels que la charge de travail, l’autonomie, le management et le dialogue. »

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