Une résolution au Sénat pour une prise en charge adaptée des malades du covid long
Une prise en charge efficace des patients atteints du covid long: tel est l'objet d'une proposition de résolution qu'approuvera mardi le Sénat. Fort de 53 recommandations, le texte cherche à tracer un cadre autour de cette infection à la fois très documentée sur le plan théorique mais qui n'est pas combattue par des soins adaptés.
La fin de la pandémie de covid n'a pas résolu le cas des patients atteints de la forme longue de la maladie et celui des nouveaux infectés. "Pour l'instant, l'offre de soins n'est pas adaptée", a souligné le président de l'association Long Covid Belgium, Tomaso Antonacci. "Il n'y a jamais eu autant de recherche fondamentale sur une maladie mais elle ne bascule pas en pratique clinique".

De ce fait, il est difficile d'évaluer combien de gens sont atteints. La résolution évoque un Belge sur vingt-cinq sur base d'une étude de Sciensano. Les symptômes sont décrits -fatigue permanente, faiblesse récurrente, malaise, maux de tête, brouillard mental, douleurs musculaires, difficultés respiratoires, troubles du sommeil- mais les causes demeurent mal comprises. Et un test diagnostique ainsi qu'un traitement allant au-delà d'un contrôle des symptômes font défaut. En attendant, bon nombre de patients souffrent. Selon une étude de 2023, en Belgique, 17% d'entre eux disaient avoir perdu leur emploi et 6% faire l'objet de menaces ou de sanctions. Un rapport de l'OCDE pointe une perturbation de l'emploi chez un travailleur atteint sur cinq.
"Il y a aujourd'hui une grande pression à la remise à l'emploi. Certains médecins contrôles se montrent bienveillants, d'autres au contraire remettent en question la maladie."
"Il y a aujourd'hui une grande pression à la remise à l'emploi. Certains médecins contrôles se montrent bienveillants, d'autres au contraire remettent en question la maladie. Or, quand ils vont au tribunal, s'ils en trouvent la force, les patients gagnent systématiquement. Il y a une forme de déresponsabilisation collective et une responsabilisation individuelle toujours plus forte de ces malades", a expliqué M. Antonacci.
La résolution s'adresse au gouvernement fédéral et à ceux des entités fédérées. Parmi les principales recommandations figurent la mise en place d'un parcours de soins coordonné par le médecin traitant avec des réseaux ou centres de compétences multidisciplinaires, l'évaluation d'un meilleur remboursement de certains soins (notamment de revalidation neurocognitive), la formation des acteurs de la santé et le développement de la recherche et des données.
"Le covid long est une maladie dont les conséquences touchent la santé, mais aussi l'école, l'emploi et la solidarité. Avec ses 53 recommandations, le texte adopté aujourd'hui donne aux gouvernements une feuille de route pour mieux accompagner les patients", a souligné la sénatrice Anne-Charlotte d'Ursel (MR), à l'initiative de la résolution. "Pour beaucoup, le covid appartient au passé. Pour les patients atteints de covid long, ses conséquences rythment encore chaque journée. Ils doivent être entendus, orientés et soignés".