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Seules quatre femmes belges sur dix connaissent les symptômes du cancer du sein

Cancer du sein: « Le KCE a raté l'occasion de renvoyer vers le dépistage personnalisé »

Les femmes belges sont souvent confrontées au cancer du sein dans leur entourage et s’en inquiètent, mais elles ne connaissent pas suffisamment les symptômes. Certains groupes, comme les femmes jeunes et âgées, sous-estiment le risque ou se sentent moins bien informées. C’est ce qui ressort d’une nouvelle enquête.

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Une enquête en ligne [1] menée durant l’été 2026 auprès de 1.200 femmes en Belgique révèle que plus de sept femmes sur dix connaissent quelqu’un qui a ou a eu un cancer du sein. Pour près de six femmes sur dix, il s’agit d’un membre de la famille. Cette familiarité avec la maladie fait que près de huit femmes sur dix craignent de développer elles-mêmes un cancer du sein.

Paradoxalement, cette inquiétude ne s’accompagne pas d’une bonne connaissance des signes avant-coureurs. Bien que près de huit femmes sur dix déclarent bien connaître l’aspect et la sensation au toucher de leurs seins et y prêter activement attention, seules 39 % affirment connaître les symptômes du cancer du sein. Près des deux tiers connaissent « insuffisamment » ces symptômes ou ont des doutes. Ce manque d’informations est le plus marqué chez les femmes âgées de 18 à 39 ans.

Idées reçues tenaces

L’enquête révèle que des idées reçues tenaces sur le cancer du sein persistent. Ainsi, 11 % des femmes citent l’utilisation de déodorant comme facteur de risque de cancer du sein, 10 % un coup ou un traumatisme au niveau de la poitrine, 10 % les implants mammaires et 4 % le port d’un soutien-gorge à armatures.

Parmi les femmes qui pensent pouvoir réduire elles-mêmes leur risque, près d’une sur cinq estime se protéger en n’utilisant pas de déodorant, et une sur dix en ne portant pas de soutien-gorge à armatures. Chez les femmes d’origine non belge, ces pourcentages doublent même.

D’autres facteurs de risque sont mieux connus. 72 % des femmes citent la prédisposition familiale ou génétique comme un facteur de risque important. Plus d’un tiers mentionne le tabagisme et près d’un quart, la consommation d’alcool.

Les femmes interrogées associent également le risque à certains facteurs liés au mode de vie : 22 % citent le stress comme l’un des principaux facteurs de risque présumés, un pourcentage plus élevé en Wallonie et à Bruxelles.

Dépistage

Les professionnels de santé jouent un rôle clé dans la prévention et le diagnostic précoce. 55 % des femmes affirment qu’une recommandation d’un médecin ou d’un autre professionnel de la santé les convaincrait de se faire dépister.

Une telle recommandation peut s’avérer utile car le taux de couverture du dépistage du cancer du sein en Belgique reste bien en deçà de l’objectif de 75 %. En Flandre, 65,60 % des femmes participent au dépistage de population destiné aux femmes âgées de 50 à 69 ans. En Wallonie et à Bruxelles, ces chiffres s’élèvent respectivement à 4 % et 9 %. Par ailleurs, en Wallonie, 45,90 % des femmes se font dépister en dehors du programme de dépistage ; à Bruxelles, elles sont 37 % à le faire.

La Dre Christel Fontaine, oncologue médicale à l’UZ Brussel et membre du conseil d’administration de la Belgian Society of Medical Oncology (BSMO), souligne à cet égard les grandes différences dans la manière dont le dépistage est organisé. « En Flandre, les femmes reçoivent une lettre les invitant à se présenter à un examen à une date et une heure précises. À Bruxelles et en Wallonie, elles reçoivent simplement un courrier les invitant à passer une mammographie. »

Dépistage et âge

L’enquête révèle également que 38,7 % des femmes âgées de 70 ans ou plus ne jugent pas utile le dépistage du cancer du sein lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme. La Dre Marleen Finoulst, rédactrice en chef de Pink Ribbon, juge cette situation préoccupante car un diagnostic de cancer du sein sur trois concerne précisément les femmes de cette tranche d’âge. Le dépistage systématique s’arrêtant à 69 ans, le cancer du sein est plus souvent détecté à un stade avancé chez ces femmes, ce qui a un impact négatif sur leur espérance de vie.

« Comme le dépistage s’arrête à 69 ans, les femmes se sentent en sécurité, ce qui est un mauvais signal car le cancer du sein ne s’arrête évidemment pas avec l’âge », ajoute la Dre Fontaine.

Il en va de même chez les jeunes : chez les femmes âgées de 18 à 39 ans, quatre sur dix estiment que le dépistage n’est pas utile lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme.

Dépistage ciblé

Dans un avis récent, le KCE a toutefois déconseillé d’étendre le dépistage du cancer du sein à des tranches d’âge plus jeunes ou plus âgées. Les avantages ne l’emporteraient pas sur les inconvénients, tels que les faux positifs et le surdiagnostic (tumeurs qui n’auraient causé aucun préjudice au cours de la vie de la personne si elles étaient restées inaperçues). Le dépistage dans ces tranches d’âge serait également moins rentable que le programme actuel, dont la rentabilité, selon le KCE, est d’ailleurs déjà contestable.

« Chaque détection précoce signifie des traitements moins lourds, un meilleur pronostic, de meilleures chances de survie et une meilleure qualité de vie. »
- Dre Christel Fontaine

« Ce rapport du KCE ne fait aucune référence aux études en cours visant à personnaliser le dépistage », explique la Dre Fontaine. « C’est une occasion manquée. Le rapport met également fortement l’accent sur le surdiagnostic, qui représente un risque minime dans tout dépistage. Or, chaque détection précoce signifie des traitements moins lourds, un meilleur pronostic, de meilleures chances de survie et une meilleure qualité de vie. Le dépistage présente un léger inconvénient, mais ses avantages restent manifestement supérieurs. »

Le dépistage personnalisé peut par exemple consister à dépister plus souvent les femmes présentant un risque plus élevé et un peu moins souvent celles présentant un risque plus faible. « Si nous y parvenons, le dépistage pourra également être réalisé de manière plus rentable », ajoute la Dre Finoulst.

Sources d’information

Pour les informations sur la santé, le médecin généraliste reste la principale source d’information pour 72 % des femmes, suivi du spécialiste (49 %). Par ailleurs, 29 % des femmes recherchent des informations via des moteurs de recherche tels que Google. Les outils d’IA sont déjà utilisés par 14 % des femmes pour rechercher des informations sur la santé ; chez les femmes plus jeunes, ce chiffre atteint 20 %.

Les femmes d’origine non belge ont plus de deux fois plus souvent recours aux réseaux sociaux pour rechercher des informations sur la santé. Au sein de ce groupe, TikTok est particulièrement populaire : 50 % d’entre elles utilisent cette plateforme à cette fin, contre 16 % des femmes d’origine belge.

Un quart des femmes déclarent ne pas savoir où trouver des informations fiables. C’est surtout le cas chez les jeunes femmes.

« Le médecin généraliste joue un rôle clé, non seulement pour orienter les femmes vers le dépistage, mais aussi pour répondre à leurs questions, corriger les idées fausses et leur rappeler les bons réflexes », souligne la Dre Finoulst. « L’objectif n’est pas de susciter une inquiétude inutile, mais de donner aux femmes des repères fiables : connaître leur corps, savoir quand consulter un médecin et ne pas rester seules en cas de doute. »

Les campagnes ne touchent pas toutes les femmes

Seulement un peu plus de la moitié des femmes interrogées déclarent se sentir concernées par les campagnes de sensibilisation existantes. Celles-ci trouvent surtout un écho auprès des femmes qui sont déjà éligibles au dépistage organisé du cancer du sein. Une personne interrogée sur cinq estime que les campagnes de sensibilisation ne sont pas pertinentes pour sa situation personnelle.

Les femmes d’origine non belge réclament en outre davantage de diversité dans les profils présentés dans les campagnes. Elles souhaitent également des messages plus courts et plus clairs, contenant davantage d’informations pratiques.

« Dans les grandes villes, nous devons mettre davantage l’accent sur l’information destinée aux groupes vulnérables », déclare la Dre Finoulst. « Les campagnes existantes ne leur parlent pas. Nous savons bien que ces groupes vulnérables ne se présenteront pas spontanément à un dépistage ; le seuil est trop élevé. Ce sont les professionnels de santé qui doivent aller à leur rencontre et veiller à ce qu’ils se sentent concernés. »

Des modèles de seins uniques

Afin d’encourager les femmes à prêter attention à la santé de leurs seins, Pink Ribbon et Novartis poursuivent la campagne « Wander Boobs ». Dans les hôpitaux, les établissements de santé et d’autres organisations concernées, deux modèles éducatifs hyperréalistes de seins sont exposés. Ils ont été développés pour ressembler, tant au toucher qu’à la vue, à la peau d’une femme âgée de 60 à 70 ans. Ces modèles présentent huit des neuf principaux signes d’alerte du cancer du sein, rendant ainsi un risque potentiel tangible et reconnaissable.

1. Enquête en ligne réalisée par l’institut de sondage iVOX pour le compte de Novartis entre le 3 août 2026 et le 18 août 2026 auprès de 1200 femmes belges, représentatives en termes de langue, d’âge et de niveau d’études. La marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1200 femmes belges est de 2,74 %.

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