Lutter simultanément contre le climat et la pollution de l'air est 15 fois plus rentable
Les investissements qui profitent à la fois au climat et à la qualité de l'air sont rentabilisés jusqu'à quinze fois, c'est ce qu'indique lundi un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et de la Coalition pour le climat et l'air pur (CCAC).

L'investissement qui profite simultanément au climat et à la qualité de l'air pourrait sauver des millions de vies, amener une meilleure productivité au travail, une réduction du stress thermique et d'autres effets liés au climat grâce à un réchauffement climatique moins important. Ceux-ci pourraient être amortis en moins de dix ans.
Les chercheurs proposent 25 solutions qui permettent de s'attaquer aux challenges du climat et de la qualité de l'air. Il s'agit entre autres de miser sur les énergies renouvelables et une meilleure efficacité énergétique, de développer des solutions propres pour la cuisine et le chauffage, et de modifier les habitudes alimentaires.
Si les mesures sont mises en œuvre immédiatement, le PIB mondial augmentera de 4,5% d'ici 2050. Les ressources requises sont déjà disponibles, les dépenses publiques actuelles consacrées aux subventions pour les combustibles fossiles suffiraient à financer plus de trois fois la mise en œuvre de ces 25 mesures. Chaque année de retard coûte d'ailleurs 1.500 milliards de dollars.
144 millions de décès prématurés
La mise en place des mesures permettrait d'éviter, d'ici 2050, 144 millions de décès prématurés et des centaines de millions de cas de maladies chroniques. Cela permettra également de réduire de moitié les émissions de CO₂ celles de méthane baisseraient de 60% et celles d'autres polluants nocifs, tels que la suie, diminueraient de 70%. Cela permettrait d'éviter un réchauffement de 0,34 degré Celsius d'ici 2050.
"Un rapport coûts-bénéfices de 15 pour 1 attirerait immédiatement des investissements dans pratiquement n'importe quel autre secteur. La seule raison pour laquelle cela ne s'est pas encore produit est que les bénéfices sont répartis entre les soins de santé, la productivité et la prévention des dommages climatique", conclut Elliot Harris, qui a codirigé cette étude.