Ebola : MSF veut intégrer les enfants aux essais de traitements préventifs
Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les chercheurs, les bailleurs de fonds et les fabricants à inclure sans délai les enfants dans les essais cliniques consacrés à la prévention et au traitement du virus Ebola de souche Bundibugyo, actuellement en circulation en République démocratique du Congo (RDC).

Dans une tribune publiée dans The Lancet, l’organisation souligne que les jeunes enfants figurent parmi les plus vulnérables face à l’épidémie. Les données disponibles montrent notamment que la proportion de décès parmi les enfants de moins de cinq ans diagnostiqués avec Ebola est nettement plus élevée que chez les adultes.
MSF réclame en particulier leur accès rapide aux essais de prophylaxie post-exposition (PPE) par voie orale. Administré après un contact à haut risque avec le virus, ce traitement vise à empêcher le développement de l’infection.
Les moins de six ans toujours exclus
L’ONG pointe notamment l’essai clinique EBO-PEP, lancé le 14 juillet afin d’évaluer l’antiviral oral obeldesivir. Le protocole initial excluait les enfants pesant moins de 30 kilos, soit approximativement ceux âgés de moins de 12 ans.
Une adaptation du protocole devrait permettre prochainement d’inclure les enfants de plus de 20 kilos. Mais ceux qui pèsent moins restent, à ce stade, écartés de l’essai. Cela concerne notamment une grande partie des enfants de six ans ou moins.
Pour MSF, cette exclusion risque de priver les médecins de données indispensables pour déterminer rapidement quels traitements préventifs peuvent être utilisés chez les plus jeunes.
« Trop souvent, la prise en compte des enfants dans le développement des moyens de prévention et de traitement destinés à répondre aux urgences de santé publique est reléguée au second plan », regrette le Dr Neal Russell, conseiller pédiatrique chez MSF.
« Nous devons produire ces données dès maintenant afin que les enfants puissent avoir accès à des traitements préventifs efficaces au même titre que le reste de la population, et non une fois l’épidémie terminée », insiste-t-il.