Congrès ESC 2026 : Transformons tous ensemble la cardiologie
Le congrès de l’European Society of Cardiology aura rassemblé cette année 33.800 participants venus de 170 pays, auxquels il faut ajouter un invité de marque: l’intelligence artificielle, à laquelle on ne déroule pas toujours le tapis rouge. Pour certains, c’est un nouvel ami, pour d’autres un concurrent dangereux. Mais le charme opère.
Serons-nous demain "addicted" ? Pour le président de l’ESC, le Pr Thomas F. Lüscher, "nous ne devons pas nous demander si l’intelligence artificielle (IA) va transformer la cardiologie, nous devons nous demander si nous serons capables de faire preuve de discernement pour orienter cette transformation".
"L’IA peut nous assister, aiguiser notre regard, nous révéler des détails que nous n’aurions pas vu mais la responsabilité ne peut pas être simplement transférée à une machine".
Quelles seraient les applications potentielles en cardiologie ?
Pour le Pr Lüscher, "des études clés montrent déjà des avancées, notamment dans l’interprétation des ECG, les diagnostics compliqués, le pronostic et l’individualisation des traitements".
A cela, on peut encore ajouter deux avancées déjà introduites en routine, la caractérisation fine des plaques athéromateuses visibles au PET-scan et l’interprétation des échocardiographies présentée par le Pr Bernard Cosyns (UZ Brussel) et des IRM cardiaques dans une session au titre évocateur "AI in cardiovascular imaging : hype or hope?" (effet de mode ou espoir ?).
Découvrez dans notre Spécialiste Update Cardiologie du 6 octobre, tout ce que vous devez savoir sur le dernier congrès de l’ESC : le rôle de l’intelligence artificielle, les nouvelles recommandations, les dernières études cliniques sur les cardiomyopathies hypertrophiques, la fibrillation auriculaire, l’insuffisance cardiaque, la prévention cardiovasculaire, avec des interviews et des cas cliniques.
Mais la médaille a son revers
Le Pr Lüscher n’a pas occulté des effets collatéraux de l’entrée de l’IA dans nos consultations et nos protocoles d’imageries. Il a notamment mentionné la perte de compétences qu’on appelle le "deskilling" avec une diminution du taux de détection des adénocarcinomes sans l’assistance de l’IA dans la lecture de 2.000 coloscopies.
Le Pr Lüscher n’a pas occulté des effets collatéraux de l’entrée de l’IA dans nos consultations et nos protocoles d’imageries.
Le Pr Lüscher épingle aussi la perte de vigilance et les hallucinations, justifiant des normes de qualité et un cadre de fonctionnement qui, de toute évidence, ne saurait tarder. Un "Level 1 Certification Programme on AI in Cardiovascular Imaging" est annoncé à l’initiative de l’European Association of Cardiovascular Imaging, avec pour directeurs le Pr B. Cosyns et le Dr T. Pezel (France).
Que sera le cardiologue de demain ?
Pour le Pr Lüscher, "il devra être capable de combiner son expertise clinique avec des compétences numériques, il devra faire preuve de sens critique dans l’analyses des données et garder en toute circonstance son éthique. Des qualités humaines, telles que l'empathie, ne devront jamais être oubliées. En finale, l'IA devrait permettre de consacrer plus de temps à parler avec les patients. Et de conclure, "Ensemble, nous apprenons. Ensemble, nous découvrons. Ensemble, nous innovons. Et ensemble, nous améliorons la santé cardiovasculaire des populations du monde entier".