Vrije Universiteit Brussel (VUB)
Des chercheurs améliorent la fiabilité des modèles de simulation pour le dépistage du cancer du sein
Des chercheurs de la VUB ont trouvé un moyen ingénieux d’améliorer les calculs informatiques qui sous-tendent les programmes de dépistage du cancer du sein. Leur nouvelle méthode de calcul permet aux gouvernements et aux décideurs politiques d’estimer beaucoup plus précisément l’impact des changements apportés à la politique de dépistage.
Comment sauver le plus grand nombre de vies possible grâce à des mesures politiques sans que les coûts n’augmentent inutilement ? Et comment éviter que des décisions politiques ne reposent sur des résultats de modèles faussés?
Une étude dirigée par le Dr Max Lelie, publiée dans la revue Applied Health Economics and Health Policy, apporte des réponses: "Investir davantage pour lutter contre une maladie est certes acceptable, mais cela doit se faire de manière raisonnable", argumente-t-il.
Un biais dans le modèle actuel
Un dépistage insuffisant peut conduire à des diagnostics tardifs de cancers. À l’inverse, un dépistage excessif surcharge les médecins et hôpitaux, fait exploser les coûts, entraîne des traitements inutiles et de l’anxiété chez des femmes en bonne santé. Bref, un programme de dépistage est un exercice d’équilibre complexe.
"Les modèles mathématiques utilisés pour comparer les groupes à risque se heurtent à un problème curieux", explique la VUB par voie de communiqué.
"Si le gouvernement assouplit les règles afin que les personnes soient classées plus rapidement dans la catégorie « à haut risque », le modèle informatique s’embrouille, en conclut que le changement administratif lui-même est à l’origine d’une augmentation du nombre de personnes développant un cancer. Un gouvernement utilisant un tel modèle pour simuler les conséquences de la suppression d’un groupe à risque se verrait donc indiquer qu’il y aurait soudainement moins de cas de cancer. Cela pourrait conduire à des décisions sociétales erronées."
Sur base des chiffres les plus récents
Pour résoudre ce problème, le Dr Lelie a ajusté les calculs mathématiques. Environ 13 % des femmes développeront un cancer du sein à un moment donné de leur vie en Flandre. En intégrant ce chiffre dans le modèle dès le départ, l’ordinateur n’a plus qu’à calculer quand une personne tombe malade, plutôt que le nombre total de personnes qui tomberont malades à la suite d’un changement de politique.
"Dans les anciens modèles, on avait l’impression que le simple fait de modifier une catégorie sur le papier modifiait la probabilité de développer un cancer", explique le Dr Lelie. "La base mathématique du modèle reste toujours logiquement cohérente avec les statistiques connues sur le cancer, quelle que soit la manière dont le gouvernement reclassifie les groupes à risque. De cette manière, l’ordinateur évite que les décideurs politiques ne soient induits en erreur."
La nouvelle méthode de calcul est conçue pour que les décideurs puissent facilement y intégrer les chiffres les plus récents issus du Registre du cancer. Ainsi, l’ordinateur s’adapte automatiquement.