Le Parlement européen demande d'inclure le burn-out dans les maladies professionnelles
Le Parlement européen a approuvé mardi un rapport de l'eurodéputée belge Estelle Ceulemans (PS, S&D) demandant une reconnaissance du burn-out et de pathologies psychosociales comme maladies professionnelles. Le texte, une initiative parlementaire non contraignante, se veut un aiguillon pour la Commission européenne, attendue d'ici la fin de l'année sur une proposition de législation pour des emplois de qualité.

Alors que la plupart des États membres, dont la Belgique, ne classent ces affections que comme des maladies liées au travail, une reconnaissance comme maladie professionnelle améliorerait la prise en charge des soins et l'indemnisation des travailleurs.
Selon l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (OSHA), 44% des travailleurs déclarent être exposés à une forte pression temporelle ou à une surcharge de travail. En Belgique, plus de 155.000 travailleuses et travailleurs souffrent de burn-out ou de dépression selon des chiffres de l'Inami (+ 32 % depuis 2021), avec un bond de 78% (par rapport à 2019) en coût d'indemnité d'invalidité, souligne Mme Ceulemans.
Le texte a été adopté par 413 voix contre 210 et 29 abstentions. Pour la rapporteure, il s'agit aussi de compétitivité de l'économie européenne. "La pandémie de stress, de burn-out et de mal-être mental au travail qui traverse toute l'Europe coûte 100 milliards d'euros par an, sans tenir compte de l'impact réel sur la santé, sur le parcours professionnel, sur la famille".
Alors que le cadre réglementaire européen actuel date de 1989, l'OSHA constate que le recours accru à la digitalisation et à l'intelligence artificielle (IA) aggrave les risques psychosociaux. Le rapport envisage aussi cet aspect, de même que la lutte contre le harcèlement, l'évaluation obligatoire des risques, le droit à la déconnexion, etc.
Le texte, une initiative parlementaire non contraignante, se veut un aiguillon pour la Commission européenne, attendue d'ici la fin de l'année sur une proposition de législation pour des emplois de qualité. Vice-présidente de l'exécutif, Roxana Mînzatu s'est engagée à fournir une réponse officielle dans un délai de trois mois.