Diabétologie

De l'insuline à la place du sémaglutide...

Pays-Bas: un patient dans le coma après avoir utilisé un stylo amaigrissant contrefait

Aux Pays-Bas, deux patients ont dû être hospitalisés en urgence après avoir utilisé des produits amaigrissants achetés illégalement. L’un d’eux est resté plusieurs heures dans le coma. Des médecins de l’Hôpital Albert Schweitzer de Dordrecht et de l’Hôpital de Deventer tire la sonnette d'alarme.

La rédaction - 1 juillet 2026

Visuel faux styles GLP-1Les agonistes des récepteurs du GLP-1 comme le sémaglutide sont de plus en plus populaires comme traitements de l'obésité. Toutefois, ces produits sont également de plus en plus souvent achetés illégalement, avec le risque qu'il s'agisse de contrefaçons dangereuses pour la santé.

Le nombre de signalements d'intoxications liées aux produits amaigrissants a ainsi doublé aux Pays-Bas l'an dernier. Quelque 150 professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme: dans 40 % des cas, les patients avaient utilisé un produit non prescrit.

Des médecins de l'Hôpital Albert Schweitzer (Dordrecht) et de l'Hôpital de Deventer rapportent des cas dans la revue Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde. Ils décrivent les cas de deux patients qui, l'hiver dernier, ont été transportés séparément à l'hôpital par ambulance en état d'hypothermie sévère après avoir utilisé, à leur insu, des stylos injecteurs contrefaits.

Il s'agissait d'un homme de 55 ans présentant une température corporelle de 32 °C et d'une femme de 47 ans dont la température corporelle était de 34 °C. Leur glycémie était également si basse qu'elle mettait leur vie en danger. L'homme est resté plusieurs heures dans le coma en unité de soins intensifs.

Les deux patients pensaient avoir utilisé un traitement amaigrissant contenant comme principe actif du sémaglutide, conformément à la publicité du vendeur en ligne et à l'étiquetage figurant sur les stylos injecteurs. Les analyses ont toutefois révélé que les injections utilisées ne contenaient pas la substance promise, mais de l'insuline. Il s'agissait donc de médicaments contrefaits.

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La patiente prise en charge à Dordrecht utilisait ces stylos injecteurs. Le stylo portant un étiquetage en bulgare (en bas) contenait de l'insuline et non du sémaglutide. © Hôpital Albert Schweitzer

De l'insulineà la place du GLP-1

Selon les médecins, si ces deux patients ont eu la vie sauve, c'est grâce à leur franchise : ils ont avoué avoir utilisé des produits amaigrissants achetés illégalement.

« Cette honnêteté est essentielle », souligne la Dre Suzanne Schol-Gelok, interniste spécialisée en médecine aiguë, qui a pris en charge la patiente de 47 ans à Dordrecht.

La dame avait entamé un traitement amaigrissant un mois avant l'incident. Par l'intermédiaire de connaissances, elle s'était procuré deux stylos injecteurs. L'un d'eux contenait toutefois de l'insuline, contrairement à ce qui était indiqué sur le produit.

Le soir où l'incident s'est produit, la femme a utilisé le mauvais stylo injecteur. Les membres de sa famille présents ont appelé les secours, qui lui ont immédiatement administré du glucose. Une fois revenue à elle à l'hôpital, elle a révélé qu'elle utilisait des produits amaigrissants. Les médecins de l'Hôpital Albert Schweitzer ont décidé de mener des investigations complémentaires et d'alerter l'inspection sanitaire. La patiente est finalement restée hospitalisée pendant trois jours. Plusieurs mois après l'incident, elle souffre encore de troubles de la concentration.

L'homme avait lui aussi acheté ses stylos injecteurs auprès d'un commerce en ligne. Il les obtenait au départ sur prescription par l'intermédiaire d'une clinique, mais il s'était ensuite tourné vers ce commerce, vu le coût moindre, commerce qui lui a envoyé un stylo contenant de l'insuline.

Selon l'Europol, la vente clandestine de médicaments contrefaits est un problème à ne pas du tout sous-estimer. Plus tôt cette année, une vaste opération menée dans 30 pays a permis la saisie de médicaments illicites pour une valeur de plus de 33 millions d'euros. « Grâce aux commerces en ligne et aux circuits de distribution informels, les criminels peuvent exploiter les failles des systèmes de contrôle et cibler les personnes à la recherche de traitements rapides ou abordables », indique Europol dans un communiqué.

Signal d'alerte

Pour les médecins de l'Hôpital Albert Schweitzer, cette affaire constitue un véritable signal d'alerte.

« Nous devons sensibiliser les autres médecins spécialistes, et idéalement l'ensemble de la population, au fait que cette pratique est extrêmement dangereuse », a expliqué la Dre Suzanne Schol-Gelok au média NOS. « Ce qui ressemble à un médicament fiable peut en réalité être un produit contrefait et potentiellement mortel. »

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