Médecine familiale

Vandenbroucke défend les quotas fédéraux de médecins

Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a défendu la répartition des quotas fédéraux de médecins entre les communautés, estimant qu’ils restent nécessaires non seulement pour planifier l’offre médicale, mais aussi pour garantir la qualité de la formation.

Erik Derycke - 4 juin 2026

Comme l’avait déjà indiqué le Journal du Médecin, le gouvernement a fixé les quotas fédéraux d’accès aux formations spécialisées en médecine pour les années 2032-2033 à 1.427 candidats pour la Flandre et 1.089 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Lors d’un débat en commission Santé de la Chambre, plusieurs députés ont contesté cette répartition.

Le député Dominiek Sneppe (Vlaams Belang) a dénoncé une situation où la Flandre recevrait proportionnellement moins de médecins que son poids démographique. Il a rappelé que la Flandre a longtemps respecté les quotas fédéraux grâce à l’organisation d’un examen d’entrée en médecine, tout en mettant en doute la méthodologie et la légitimité de la Commission de planification.

De son côté, Frieda Gijbels (N-VA) a souligné que la clé de répartition de 57 % pour la Flandre et 43 % pour la partie francophone est notamment justifiée par le fait que les médecins wallons travailleraient en moyenne moins d’heures que leurs confrères flamands. Elle a demandé au ministre s’il considérait qu’un médecin flamand et un médecin wallon avaient la même valeur et étaient censés fournir un effort comparable.

Irina De Knop (Anders) a, quant à elle, estimé que les quotas ne tiennent pas suffisamment compte des médecins exerçant en dehors de l’assurance maladie obligatoire, comme la médecine du travail, la médecine d’assurance, l’expertise médicale ou judiciaire et certaines fonctions administratives nécessitant une formation clinique. Elle a également interrogé le ministre sur la pertinence du maintien de quotas alors que de nombreuses régions connaissent une pénurie de médecins.

Une répartition « légitime » selon le ministre

Frank Vandenbroucke a reconnu que la répartition des quotas médicaux ne correspond pas à la clé démographique classique de 60 % pour la Flandre et 40 % pour la partie francophone. Il a toutefois rappelé que, pour les dentistes, la situation est inversée, avec une répartition de 63 % pour la Flandre et 37 % pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Si la Flandre doit rattraper son retard pour les dentistes avec une part supérieure à 60 %, tandis que la situation est inverse pour les médecins, cet équilibre global peut parfaitement être légitime », a-t-il expliqué.

Le ministre a également insisté sur le rôle des quotas pour préserver la qualité de la formation médicale. Selon lui, il ne serait pas souhaitable d’inonder les facultés de médecine d’un nombre d’étudiants largement supérieur aux besoins futurs ou aux capacités d’encadrement des universités et des stages.

Différences d’activité entre Nord et Sud

Frank Vandenbroucke a reconnu que, dans plusieurs disciplines, l’activité moyenne des médecins francophones est inférieure à celle observée en Flandre. Il a notamment cité le cas des médecins généralistes.

« Ils gagnent donc en moyenne moins que leurs collègues flamands. On peut considérer que cela est lié à un choix de travailler un peu moins en nombre d’heures », a-t-il déclaré.

Selon le ministre, la Commission fédérale de planification doit tenir compte non seulement des besoins de la population, mais aussi des aspirations des médecins en matière de temps de travail et de revenus.

Enfin, il a indiqué que la composition de la Commission fédérale de planification est actuellement en cours de révision. Un projet d’arrêté royal a déjà été examiné une première fois en Conseil des ministres le 13 mai. Les entités fédérées seront davantage associées tant à la fourniture des paramètres qu’à l’élaboration de scénarios alternatifs de projection des besoins médicaux.

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