Files d’attente
Il y a de cela 20 ans, on conspuait le National Health Service anglais et ses files d’attente. En somme, on avait, face à face, un système de santé presque communiste, gratuit, mais le patient devait attendre trois à six mois pour voir un cardiologue - le NHS - et le système américain fait de Health Maintenance Organizations, des mutuelles privatisées encadrant médecins, pharmaciens et remboursement et, sur le banc de touche, 50 millions d’Américains privés de couverture santé.
À l’époque, le système de santé belge était considéré comme un des meilleurs du monde. Pas gratuit, certes, mais accessible à la fois financièrement et offrant des médecins disponibles relativement à brève échéance.
Tout cela a bien changé. D’expériences personnelles et de témoignages de première main, j’entends qu’il faut trois mois pour voir un urologue. Dans la région de Liège, on me rapporte le cas d’une patiente qui devrait attendre un an et demi pour être examinée par un neurologue chevronné – 2 mois "seulement" pour un interne mais qui ne présente pas toutes les garanties selon la patiente. Pire encore : pour se faire examiner par un gastro-entérologue avec un peu de bouteille : deux à deux ans et demi. Et la situation est à peine plus enviable en cabinet privé. L’ironie ? Seul un acte technique permet de réduire les temps d’attente. Mais cet acte ne devrait-il pas être décidé après l’examen clinique ?
Tout ceci ne constitue certes pas des statistiques scientifiques. Mais les témoignages s’accumulent. À quand une étude du KCE ou de l’INAMI sur le sujet des files d’attente ?
Quand on en est à ce degré de manque d’accessibilité aux soins, on ne peut pas affirmer qu’on est dans un système qui fonctionne. Aussi talentueux soit le médecin spécialiste, s’il faut un ou deux ans pour bénéficier de ses lumières, cela signifie que le système est clairement à bout de souffle.