Les maisons médicales croissent de 8 % par an
Les dépenses de soins de santé augmentent de 2,6 % par an
À politique inchangée, les dépenses réelles de soins de santé augmenteront de 10,9 milliards d’euros entre 2025 et 2035, soit une croissance annuelle moyenne de 2,6 % en plus de l’inflation attendue. C’est ce qu’a calculé le Bureau fédéral du Plan.
Un tiers de cette croissance s’explique par des évolutions démographiques, en particulier le vieillissement de la population (21 %) et la croissance démographique (11 %).

La croissance estimée des dépenses entre 2025 et 2035 varie fortement selon le type de soins. En termes absolus, les dépenses réelles augmentent le plus dans les trois principaux postes de dépenses : les prestations pharmaceutiques (+3,4 milliards d’euros), suivies par les honoraires médicaux (+2,2 milliards d’euros) et les frais d’hospitalisation liés au prix de journée (+2,1 milliards d’euros). Des hausses importantes sont également attendues pour les soins infirmiers à domicile (+870 millions d’euros) et la kinésithérapie (+760 millions d’euros).
Les projections concernent uniquement le volet soins de santé de l’assurance maladie-invalidité et n’incluent pas les indemnités d’invalidité versées aux personnes malades depuis plus d’un an.
"Dépenses" pour les médecins
En ce qui concerne les honoraires des médecins, une forte croissance est attendue pour les consultations et les visites à domicile, ainsi que pour la catégorie « autres », qui comprend notamment les honoraires des gynécologues et des médecins assurant le suivi des patients hospitalisés.

La croissance des dépenses est la plus marquée dans les services d’urgence (consultations auprès des urgentistes), suivie par les consultations de médecins généralistes. Une croissance plus modérée est attendue pour les consultations de spécialistes, tandis que les dépenses liées aux visites à domicile des généralistes n’augmentent que faiblement.
La hausse des dépenses chez les urgentistes est principalement liée à une augmentation du nombre de patients, alors que, pour les consultations de généralistes, c’est surtout l’augmentation du nombre de consultations par patient qui en est le moteur.
En ce qui concerne les visites à domicile, une diminution du nombre d’utilisateurs est attendue d’ici 2033, malgré le vieillissement de la population. Certes, les patients âgés y recourent davantage que les jeunes, mais une tendance générale à la baisse dans toutes les tranches d’âge devrait temporairement atténuer l’effet du vieillissement.
Pour les autres types de soins, la croissance des dépenses projetée est inférieure à la moyenne. Cela se vérifie particulièrement en biologie clinique et en imagerie médicale. La croissance attendue des dépenses en biologie clinique entre 2025 et 2035 est estimée à +0,8 % par an en moyenne, contre +0,5 % par an pour l’imagerie médicale.
Les maisons médicales en forte expansion
En termes relatifs, la plus forte croissance entre 2025 et 2035 concerne le groupe plus restreint des maisons médicales. Au cours des dix dernières années, le nombre de patients y a doublé et, pour la décennie à venir, l’augmentation des dépenses réelles est estimée à près de 500 millions d’euros, soit une croissance moyenne de 8,6 % par an.
La deuxième plus forte croissance attendue concerne la kinésithérapie, avec une hausse annuelle moyenne de 4,6 % entre 2025 et 2035.
En troisième position figurent les prestations pharmaceutiques, avec une croissance réelle estimée à 4,1 % par an.
Les soins infirmiers à domicile devraient également connaître une croissance supérieure à la moyenne (+3,3 % par an), largement tirée par le vieillissement de la population. Les projections tiennent toutefois compte du fait que les pénuries de personnel infirmier à domicile pourraient freiner cette croissance.
6 % du PIB consacrés aux soins de santé
En 2025, les dépenses de soins de santé dans le cadre de l’assurance maladie-invalidité (dépenses AMI) s’élevaient à 37,7 milliards d’euros, soit 6 % du produit intérieur brut. Ces dépenses couvrent la part des dépenses publiques de santé relevant de l’assurance obligatoire.
Ne sont pas inclus dans ces chiffres : les dépenses de soins des autorités régionales et locales, une partie du financement hospitalier via le Budget des moyens financiers, ainsi que les contributions personnelles des patients.
La plus grande part des dépenses concerne les honoraires médicaux (31,0 %), suivis par les frais d’hospitalisation (22,9 %) et les prestations pharmaceutiques (18,6 %). D’autres secteurs importants sont les soins infirmiers à domicile (5,9 %), les soins dentaires (4,3 %) et la kinésithérapie (3,5 %).