Moins invasif, valeur durable : la biopsie assistée par aspiration (BAA) comme moteur d'une prise en charge mammaire efficiente et centrée sur la patiente
Interview avec Dr Deschepper
Qu’est-ce que la BAA précisément et pourquoi devient-elle de plus en plus importante ?
La pression exercée sur le système de santé s'intensifie : nous devons prendre en charge davantage de patients avec des ressources limitées. C’est pourquoi il est important d’utiliser la technologie intelligemment. La biopsie assistée par aspiration (BAA) est de plus en plus souvent utilisée comme alternative à la chirurgie mammaire classique dans des lésions bien sélectionnées.
La BAA est une intervention mini-invasive. Une aiguille creuse dotée d'un dispositif de coupe est introduite par une petite incision. Un système de vide aspire la lésion à l'intérieur de l'aiguille, après quoi elle est excisée. Cela permet de traiter des lésions bénignes ou de bas risque de manière efficace, sans intervention chirurgicale.
Y a-t-il des différences en matière de sécurité des patients ?
Oui. L'intervention est réalisée sous anesthésie locale, ce qui comporte moins de risques qu'une anesthésie générale. Grâce à la petite incision, la plaie guérit plus rapidement et on observe moins de complications telles que des infections ou des saignements.
L'intervention est-elle également plus rapide ?
Certainement. Alors que la chirurgie mammaire classique nécessite souvent une heure de bloc opératoire, une procédure BAA dure en moyenne une vingtaine de minutes. Cette différence a un impact direct sur l'organisation des soins.
Qu'est-ce que cela signifie pour les hôpitaux ?
Cela libère de la capacité dans le bloc opératoire. Ce temps peut être consacré à des interventions oncologiques plus complexes. La BAA contribue ainsi à un fonctionnement plus efficace de la clinique du sein.
La BAA peut-elle réduire la nécessité d'interventions chirurgicales ?
Pour les lésions de type B3 – des lésions du sein à faible risque –, la BAA constitue une alternative à part entière. Nous pouvons retirer suffisamment de tissu tout en évitant un surtraitement, sans compromettre la qualité.
La BAA nécessite-t-elle une collaboration ?
Oui, la collaboration est cruciale. Radiologues, pathologistes et chirurgiens déterminent ensemble, lors d’une concertation multidisciplinaire, quels patients sont éligibles. Le suivi, après l’intervention, se fait également en concertation.
Existe-t-il des directives concernant l'utilisation de la BAA ?
Des directives européennes* ont été élaborées, notamment par l'EUSOBI et l'EUSOMA. Elles confirment que les techniques mini-invasives guidées par l'imagerie constituent un complément sûr et précieux à la chirurgie, à condition que les indications soient correctement posées.
La BAA s'inscrit-elle dans le cadre des soins de santé axés sur la valeur ?
Absolument. Les résultats cliniques sont comparables à ceux de la chirurgie, tandis que les coûts sont nettement inférieurs. De plus, les patients se rétablissent plus rapidement et peuvent reprendre leurs activités quotidiennes plus tôt.
Comment les patients perçoivent-ils l'intervention ?
De manière globalement positive. De nombreux patients appréhendent l'anesthésie et la chirurgie. L'incision limitée et l'anesthésie locale réduisent considérablement ce seuil d'appréhension. La communication reste possible pendant l'intervention, ce qui apporte un confort supplémentaire.
La BAA est-elle donc avantageuse pour toutes les parties concernées ?
Dans l'ensemble, oui. Pour la patiente, c'est moins contraignant, pour l'hôpital, c'est plus efficace, et pour le système de santé, c'est plus rentable. La condition préalable reste toutefois une sélection correcte des lésions appropriées.
* Lignes directrices européennes pour le diagnostic, le traitement et le suivi des lésions mammaires au potentiel malin incertain (lésions B3) élaborées conjointement par l’EUSOMA, l’EUSOBI, l’ESP et l’ESSO. Journal of Surgical Oncology 50 (2024) 107292.
Pour plus d'informations : https://lp.bd.com/womens-health-breast-Vacuum-Assisted-Excision.html
