La situation médicale et sociale à Bruxelles va de mal en pis, selon Médecins du Monde
La situation médicale des personnes, en majorité des hommes, qui vivent dans la précarité à Bruxelles va de mal en pis, accentuant la pression sur les services médicaux de la Région de Bruxelles-Capitale, alerte vendredi Médecins du Monde. L’organisation recherche d’urgence des bénévoles pour faire face à cette situation et tire la sonnette d’alarme afin de pouvoir maintenir ses propres services.
Les permanences médicales de l’organisation à la gare du Midi, à Flagey et à la porte de Hal témoignent de l’augmentation des besoins en soins à Bruxelles. « Semaine après semaine, nous rencontrons des personnes en situation de vulnérabilité, au cœur de leur réalité quotidienne. Nous accueillons chacun avec respect, prenons le temps de l’écouter et l’aidons à trouver un repas, un endroit où dormir ou une autre forme de soutien », explique Ana Costa, bénévole au Medibus.
85,9 % d'hommes
Les Medibus sont des cabinets mobiles aménagés qui proposent gratuitement et sans condition des soins médicaux et un accompagnement social aux personnes vulnérables et sans abri à Bruxelles. Entre janvier et août, 85,9 % des personnes accueillies étaient des hommes, contre 14,1 % de femmes. Leur âge moyen était de 46 ans. Plus des trois quarts étaient sans abri ou sans logement. Plus de la moitié ne disposaient pas d’un titre de séjour, parmi lesquels de nombreux mineurs non accompagnés.
Selon Médecins du Monde, la situation sur le terrain résulte en grande partie des politiques menées. À Bruxelles, la suppression de 1.266 places d’accueil a été annoncée dans le cadre du « Brussels Deal » entre les autorités fédérales et régionales, alors que les centres d’accueil sont déjà saturés.
Les températures extrêmement basses et les infections saisonnières comme la grippe frappent particulièrement durement les personnes qui vivent dans la rue.
« Le nombre de personnes sans logement risque donc d’augmenter encore. À l’approche de l’hiver, les risques sanitaires s’aggravent. Les températures extrêmement basses et les infections saisonnières comme la grippe frappent particulièrement durement les personnes qui vivent dans la rue », explique Marie-Paule Lolo, responsable du projet Medibus.
Les économies dans le secteur psycho-médico-social ont également de lourdes conséquences. Plusieurs organisations doivent réduire leurs services ou y mettre fin. Le Hub humanitaire, dont le budget a été réduit de moitié, ne propose ainsi plus de consultations médicales.