OpinieZiekenhuisfinanciering

Assainir les finances publiques, oui. Mais pas en affaiblissant encore les soins de santé

 Une carte blanche de l'UBPS.

UBPS - 17 juli 2026

Bart De Wever - Galenusprijs 2025

Nous ne sommes pas là pour nier la réalité. La Belgique doit assainir ses finances publiques. Personne ne peut sérieusement le contester. Notre pays doit retrouver une trajectoire budgétaire soutenable et chacun devra participer à cet effort.

Mais une question mérite d'être posée : pourquoi les soins de santé devraient-ils, une fois de plus, payer la facture ?

À chaque négociation budgétaire, le même scénario se répète. Lorsqu'il faut trouver des économies, le regard se tourne rapidement vers les soins de santé. Pourtant, les prestataires ont déjà largement contribué aux efforts demandés ces dernières années.

Depuis près de vingt ans, les honoraires conventionnés ont progressivement décroché par rapport à l'évolution réelle de l'inflation et des coûts d'exercice. Pendant ce temps, les coûts d'un cabinet ou d'une structure de soins continuent d'augmenter : loyers, énergie, salaires, assurances, matériel, logiciels, investissements technologiques, normes de qualité et charges administratives.

Aujourd'hui, le gouvernement envisage de limiter l'indexation des honoraires.

Soyons francs : nous avons beaucoup de mal à comprendre cette logique.

Depuis près de vingt ans, les honoraires conventionnés ont progressivement décroché par rapport à l'évolution réelle de l'inflation et des coûts d'exercice. Pendant ce temps, les coûts d'un cabinet ou d'une structure de soins continuent d'augmenter : loyers, énergie, salaires, assurances, matériel, logiciels, investissements technologiques, normes de qualité et charges administratives.

Et malgré cette réalité, on voudrait encore limiter l'indexation des honoraires.

Dans le même temps, le gouvernement souhaite limiter davantage les suppléments d'honoraires tout en encourageant le conventionnement.

Comment un cabinet peut-il continuer à investir, engager du personnel, se moderniser et offrir des soins de qualité si sa rémunération réelle diminue d'année en année ?

Cette politique envoie un très mauvais signal aux jeunes générations. Qui prendra encore le risque d'investir dans un cabinet, de reprendre une activité ou de s'installer dans une zone en pénurie si les perspectives économiques continuent de se dégrader ?

Les conséquences sont pourtant connues : moins d'investissements, davantage de difficultés de recrutement, des délais d'attente plus longs et un accès aux soins qui se complique progressivement pour les patients.

Nous ne remettons absolument pas en cause la protection des citoyens les plus fragiles. Au contraire. Mais nous estimons que les critères doivent être revus afin que cette aide bénéficie en priorité à ceux qui en ont réellement besoin.

À cela s'ajoute l'élargissement progressif du statut BIM.

L'UBPS demande depuis plusieurs mois une réforme des critères d'octroi du statut BIM.

Nous ne remettons absolument pas en cause la protection des citoyens les plus fragiles. Au contraire. Mais nous estimons que les critères doivent être revus afin que cette aide bénéficie en priorité à ceux qui en ont réellement besoin. Une politique sociale ambitieuse doit être financée par la solidarité nationale. Elle ne peut pas reposer, directement ou indirectement, sur une érosion continue de la rémunération des prestataires de soins.

Nous entendons déjà certains dire qu'il n'existe pas d'alternative.

Nous ne partageons pas cette vision.

Ce qui manque aujourd'hui, ce n'est pas seulement de l'argent. C'est le courage politique d'examiner toutes les pistes avant de s'attaquer aux soins de santé.

Les mutuelles disposent aujourd'hui de réserves financières importantes et d'un patrimoine immobilier considérable. Dans un contexte où chaque euro est recherché pour assainir les finances publiques, il est légitime de se demander si ces ressources ne devraient pas, elles aussi, contribuer à l'effort collectif avant d'imposer de nouvelles économies aux soins de santé.

Plusieurs experts ont rappelé que, dans les années 1990, des réserves avaient déjà été mobilisées dans le cadre de l'assainissement des finances publiques. Ce précédent montre qu'il est légitime d'ouvrir aujourd'hui un débat sur l'ensemble des ressources disponibles avant de réduire les budgets des soins de santé.

L'UBPS demande donc au gouvernement d'examiner sérieusement la possibilité de mobiliser une partie des réserves des mutuelles, d'évaluer la valorisation de certains actifs immobiliers qui ne sont pas indispensables à leurs missions essentielles et d'engager une réflexion sur leur gouvernance afin que les ressources issues de la solidarité nationale bénéficient en priorité aux patients.

Notre objectif est de préserver un système de santé accessible, performant et durable.

On peut toujours économiser sur la santé. Le problème, c'est que la facture finit toujours par être payée par les patients.

Les soins de santé ont déjà largement contribué aux efforts budgétaires. Continuer dans cette voie serait une erreur pour les professionnels, mais surtout pour les patients.

Un cabinet qui ferme ne se remplace pas en quelques semaines. Un jeune professionnel qui renonce à s'installer ne revient généralement pas sur sa décision. Les économies réalisées aujourd'hui risquent de devenir les coûts de demain.

Nous ne demandons pas de protéger les soignants au détriment des autres. Nous demandons simplement que toutes les solutions soient examinées avec la même exigence. Les soins de santé ont déjà largement contribué aux efforts budgétaires. Continuer dans cette voie serait une erreur pour les professionnels, mais surtout pour les patients.

Il est temps d'avoir un véritable débat sur le financement de notre système de santé plutôt que de demander, une fois de plus, aux soignants de combler les déficits de l'État.

Réformer la santé, oui. L'affaiblir pour équilibrer un budget, non.

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