OpinieHuisartsgeneeskunde

Tombé de la trousse

Quand la permaculture s’invite au cabinet

légumes jardin permacultureIl a déposé sa récolte du jour sur le bureau, panier de légumes fraîchement cueillis dans la campagne bruxelloise. Un bouquet d’arômes du terroir et de saison avec son odeur de terre humide et de feuilles froissées, de notes d'herbes aromatiques mêlées aux senteurs subtiles des chicons, carottes, jeunes poireaux et autres céleris. Il y ajoute d’un geste de magicien deux salades cueillies dans l’heure.

Dr Carl Vanwelde, médecin généraliste - 29 april 2026

Il a tenu une épicerie de quartier dans une autre existence, a vendu des vélos de compétition et me partage sa passion récente pour la permaculture [1] « qui lui ménage le dos, car ainsi la terre travaille à sa place. »

Intrigué, je l’interroge sur ce qui m’est longtemps apparu comme un art du jardin sacrifiant l’efficacité à l’esthétique et découvre une pratique agricole étonnamment productive débouchant sur un art de vivre : associer dans un désordre apparent les plantes les plus diverses, recycler les ressources, observer les cycles naturels pour produire sans épuiser, partager les surplus. Il a ses marottes : ne jamais laisser le sol nu mais le couvrir en permanence de paillis ou de matière organique source de micro-organismes et des vers, réduisant les engrais à portion congrue. L’intervention humaine y est mesurée et il se décrit « comme un grand paresseux », gérant l’eau avec parcimonie, ne creusant le sol qu’en surface, choisissant ses espèces, respectant les cycles des saisons. Davantage régulateur que maître, car on ne possède pas la Terre, on n’en est que le locataire.

Soigner ne serait-il qu’une permaculture humaine ?

Mon esprit se prend à vagabonder à l’écoute de son récit, qui résonne étrangement avec ma pratique quotidienne. Prendre soin de la Terre, prendre soin des humains, même combat ? Observer avant d’intervenir, privilégier les équilibres plutôt que les corrections brutales, considérer le patient dans son environnement plutôt que comme un individu isolé et chaque organe comme la partie d’un tout. Les remarquables progrès de la technologie médicale ne sauraient nous faire oublier la modestie : la santé est une patiente recherche d’équilibre qui émerge d’un tissu complexe de relations biologiques, psychologiques et sociales.

Mon esprit se prend à vagabonder à l’écoute de son récit, qui résonne étrangement avec ma pratique quotidienne.

À l’échelle d’un quartier ou d’une ville, la permaculture propose une grille de lecture originale, qui valorise la diversité et les interconnexions des cultures. La diversité n’est plus perçue comme un problème à gérer, mais comme une richesse à organiser. Observer les besoins réels, identifier les ressources locales, encourager les dynamiques d’entraide plutôt que les solutions imposées. On rejoint ici les approches communautaires en santé : prévention, autonomisation, ancrage local.

Inscrite dans la durée, cette approche nous invite à repenser notre rapport au temps, d’en accepter les lenteurs, de valoriser les ajustements progressifs. À l’heure où nos systèmes de santé sont soumis à l’urgence permanente, cette philosophie peut paraître décalée, mais est pourtant nécessaire. Modifier un mode de vie, un tissu social, un environnement ne se réalise jamais dans la précipitation.

Santé et société, une philosophie ancienne

Sans renier les bénéfices apportés par la médecine réparatrice, essentiellement centrée sur l’individu, une réflexion fondée sur de nouveaux équilibres de société est à envisager, comme nous y incite le programme One Health (« Une seule santé »), approche intégrée reconnaissant que la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes sont interdépendantes et liées.

Visant à améliorer la santé mondiale par une collaboration multidisciplinaire pour prévenir les risques sanitaires à l'interface homme-animal-environnement, cette réflexion citoyenne ne peut que renforcer notre pratique médicale. Dès la plus haute Antiquité, le célèbre Galien n’avançait-il pas que « le meilleur médecin est aussi philosophe », soutenant sa pratique médicale par une formation solide en logique, en étude de la nature et en insertion dans la société. On peut apprendre de nos Anciens.

1. Conçue dans les années 1970 par Bill Mollison et David Holmgren, cette démarche vise l'autonomie vis-à-vis des ajouts extérieurs (engrais, techniques intensives) et la durabilité. Plus qu'un simple jardinier, le permaculteur cherche à créer des écosystèmes qui soient à la fois productifs et résilients, en s'inspirant d’une patiente observation de la nature. Le terme a pris récemment une connotation plus philosophique ou éthique, soulignant l'adhésion aux principes globaux de la permaculture au-delà de la simple technique agricole.

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