L’ULB a mené fin 2024 une enquête auprès de 1.998 étudiantes et étudiants sur la santé sexuelle et les violences sexistes et sexuelles. Les résultats, publiés ce 11 mai 2026, montrent une réalité préoccupante: près d’un tiers des répondants - 31,9% - déclarent avoir subi au moins une agression sexuelle (attouchements, baisers non consentis et viols) depuis leur arrivée à l’université.

L’enquête met en évidence une forte différence d’exposition selon le genre et l’orientation sexuelle. Les personnes trans apparaissent comme les plus vulnérables, suivies par les étudiants non hétérosexuels, puis par les femmes hétérosexuelles. Les hommes hétérosexuels sont, eux, nettement moins touchés. Pour les viols déclarés, le taux atteint 3% chez les hommes hétérosexuels, 14,2% chez les femmes hétérosexuelles et 22,2% chez les autres répondants, homos et trans (ces derniers sont 7x plus vulnérables que les hommes hétérosexuels).
Problème de consentement
Autre constat marquant : près de deux répondants sur dix évoquent, à propos de leur premier rapport sexuel pourtant décrit au départ comme consenti, une situation où le consentement apparaît en réalité ambigu ou mal compris. Les violences sexuelles surviennent majoritairement dans la sphère privée, souvent au domicile, chez un partenaire ou lors d’un rendez-vous. Les auteurs les plus fréquemment cités sont les partenaires ou ex-partenaires.
L’enquête souligne aussi le faible recours aux autorités : les victimes se tournent d’abord vers leurs amis, tandis que seules 6% des victimes de viol avec pénétration déclarent s’être adressées à la police.
Santé sexuelle : confusion entre contraception et prévention des IST
Sur le plan de la santé sexuelle, les étudiants connaissent les moyens les plus courants, comme le préservatif ou la pilule, mais de nombreuses confusions persistent entre contraception et prévention des IST. Plus d’un quart des répondants disent ne pas avoir utilisé de protection barrière lors de leur dernier rapport avec leur dernier partenaire, et moins d’un sur dix y recourt pour le sexe oral.
Face à ces résultats, l’ULB annonce le renforcement de ses actions de prévention: campagnes sur le consentement, sensibilisation dans la vie festive étudiante, journées de dépistage gratuit des IST, accès au service médical, à PsyCampus et maintien du dispositif CARE d’écoute et d’accompagnement des victimes et témoins de violences ou de discriminations.