Commission européenne
Antibiotiques: Sandoz dépose un projet de plainte contre les importations chinoises
Le groupe suisse Sandoz s'inquiète pour la production d'antibiotiques (AB) en Europe. Il dépose un projet de plainte anti-dumping auprès de la Commission européenne concernant les importations chinoises d'ingrédients pour l'Amoxicillin.
Sandoz, qui célèbre 80 ans d’antibiotiques, appelle à une action politique urgente pour préserver la sécurité de l’approvisionnement en médicaments en Europe.
Parallèlement, l’entreprise suisse dépose un projet de plainte antidumping historique afin de défendre une concurrence équitable et la production industrielle européenne. Sandoz avertit : les capacités de production existantes sont menacées par des conditions de marché non durables. La firme, qui s'appuie sur une importante usine en Autriche pour la production d'antibiotiques, appelle les décideurs européens à agir avant qu’il ne soit trop tard.
Protéger la fabrication en Europe
Dans sa plainte, elle évoque "des signes manifestes de comportement faussant le marché", dont "des prix durablement inférieurs aux coûts" et "des subventions publiques."
Il mentionne également la "concentration de la capacité de production mondiale dans un seul pays", estimant qu'il s'agit d'un point de "vulnérabilité" pour l'Europe avec "des conséquences directes pour la santé publique" et "la préparation aux crises".
"Protéger la fabrication d'antibiotiques en Europe n'est pas une option, c'est une nécessité stratégique", a déclaré le président de Sandoz, Gilbert Ghostine, cité dans le communiqué.
Le groupe, spécialiste de la production de médicaments génériques et biosimilaires, estime que les conditions actuelles de marché ne reflètent pas une concurrence loyale.
Les AB sauvent des vies !
Actuellement, "jusqu'à 90%" des ingrédients actifs pour la production d'antibiotiques au niveau mondial "sont produits hors d'Europe, principalement en Chine", affirme de son côté Richard Saynor (photo), le CEO de Sandoz, qui appelle les dirigeants européens à "se réveiller" et "agir urgemment avant qu'il ne soit trop tard".
"Les antibiotiques ont sauvé plus de vies que n'importe quel autre médicament. Pourtant, on les traite comme une simple marchandise et une boîte coûte souvent moins cher qu'un paquet de chewing-gum", ajoute-t-il dans le communiqué.
Issu d'une scission en 2023 du géant pharmaceutique suisse Novartis, Sandoz est le numéro un des médicaments génériques en Europe. L'an passé, son chiffre d'affaires s'est élevé à plus de 11 milliards de dollars (9,5 milliards d'euros). Il dispose notamment d'une usine en Autriche à Kundl, au Tyrol, pour la fabrication d'antibiotiques.