Une courte majorité de Belges favorable à l’allongement du délai légal pour avorter (sondage)
Plus de la moitié des Belges (54 %) sont favorables à un allongement du délai légal pour pratiquer une interruption volontaire de grossesse (IVG). Parmi eux, une majorité plaide pour un délai de 18 semaines ou plus. C’est ce qui ressort d’une étude indépendante menée auprès de 2.523 personnes, à la demande de l’ASBL LUNA, qui gère des centres d’avortement. Les résultats ont été publiés lundi.

En Belgique, l’avortement est actuellement autorisé jusqu’à 12 semaines après la fécondation. Au-delà de ce délai, une interruption de grossesse ne peut être pratiquée que pour des raisons médicales. La loi impose également un délai de réflexion de six jours entre la première consultation et l’intervention.
Dans le cadre de l’étude, les participants ont été confrontés à des situations fictives dans lesquelles une femme était confrontée à une grossesse non désirée, notamment à la suite d’un viol ou en raison de l’absence de désir d’enfant. Ils pouvaient répondre par « oui », « non » ou « j’hésite ». Les personnes hésitantes n’ont été comptabilisées ni parmi les partisans ni parmi les opposants à l’avortement. Il convient également de souligner que la majorité des personnes interrogées ont déclaré ne pas s’intéresser particulièrement à cette question.
Une écrasante majorité des répondants (90 %) estime qu’une personne enceinte doit pouvoir décider elle-même du sort d’une grossesse non désirée. Par ailleurs, 76 % considèrent que la législation sur l’avortement devrait davantage reposer sur les recommandations d’experts scientifiques que sur des convictions politiques.
« Ceux qui souhaitent maintenir la limite de douze semaines ne rejettent pas nécessairement tous les avortements pratiqués au-delà de ce délai », explique la chercheuse Lies Maurissen. « Ce qu’une personne souhaite voir inscrit dans la loi et ce qu’elle juge acceptable dans une situation concrète sont deux questions différentes. »
Des avis partagés sur le délai de réflexion
Les opinions concernant le délai de réflexion obligatoire sont également nuancées. Ainsi, 53 % des personnes interrogées estiment que la loi doit imposer un délai de réflexion, contre 30 % qui s’y opposent et 17 % qui ne se prononcent pas.
Parmi les partisans d’un délai de réflexion légal, 35 % souhaitent maintenir les six jours actuellement prévus par la loi. Une proportion similaire (36 %) estime que sa durée devrait être déterminée conjointement par le professionnel de santé et la personne enceinte. Enfin, 12 % sont favorables à un délai plus long, tandis que 10 % préféreraient le raccourcir.