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« Pris isolément, les chiffres ne veulent rien dire »
Grégoire Wieers, directeur du Département de médecine de l’UNamur, et le Dr Dominique Henrion, responsable du master de spécialisation en médecine générale, appellent à interpréter prudemment les résultats du concours d'entrée en médecine publiés par l’ARES.
« Pris isolément, ces résultats ne veulent absolument rien dire », estime Grégoire Wieers. Il pointe trois éléments : le décalage entre la formation secondaire et les attentes universitaires, une sélection qui mesure surtout l’aptitude à répondre à des questions similaires à celles des années précédentes plutôt que le potentiel ou la motivation.

Grégoire Wieers jugele système de sélection contre-productif. Certains candidats, entraînés à reproduire les examens antérieurs, excellent dans cet exercice sans nécessairement devenir ensuite les étudiants les plus travailleurs. À l’inverse, des profils aux compétences diverses sont écartés alors qu’ils pourraient contribuer à la clinique, mais aussi à la recherche et à la coordination des soins. Leur formation permettrait, selon lui, de répondre aux pénuries sans devoir recruter autant de médecins à l’étranger et aiderait la Belgique à retrouver une place pionnière dans les sciences de la santé.
La baisse de la moyenne de l’ensemble des candidats - et non des seuls lauréats - traduit-elle une diminution du niveau ? Dominique Henrion reste prudent : « Incriminer l’enseignement secondaire est peut-être un peu rapide. Il faudrait examiner l’évolution sur une période beaucoup plus longue. » Les bons résultats des candidats préparés à Namur pourraient aussi s’expliquer par un biais socio-économique de recrutement, s'enorgueillit-il.
Notes faibles en physique
Les notes très faibles en physique et en biologie, autour de 4/20, doivent également être nuancées. « La logique de l’examen n’est pas celle qui est enseignée dans le secondaire », souligne-t-il. "Les QCM ou QRM, d’éventuels points négatifs et la volonté d’écarter l’effet du hasard peuvent complexifier les questions et introduire des biais."
Il rejette d'emblée l’hypothèse d’un manque de préparation : « Ces étudiants sont très motivés. Ils sacrifient leurs samedis pendant leur rhéto ainsi que leurs vacances. Je ne connais pas de jeunes qui y vont à la légère. »
Enfin, l’équilibre entre sciences exactes, empathie et communication lui paraît nécessaire : un excellent diagnosticien incapable de communiquer ne fait pas forcément un bon médecin, pas plus qu’un praticien empathique mais scientifiquement défaillant.
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