Éditorial
Écartez-vous, on va manœuvrer...
Rédacteur en chef
Les syndicats de médecins sortent l'artillerie lourde. Face au rouleau compresseur de réformes du ministre, ABSyM et UBPS vont chacune lancer leur Panzer en direction de la Cour constitutionnelle. Deux recours en annulation, rien que ça. Un troisième blindé, plus léger mais piloté par une alliance Absym-Cartel/GBO, se dirige lui vers la Commission européenne pour y déposer une plainte formelle. Ainsi attaquées sur plusieurs fronts, les lois-cadres se retrouvent en tenaille, situation délicate plus connue dans les hauts états-majors sous le nom de « prise en sandwich ».
Pour les griefs et les arguments des syndicats, je vous renvoie aux articles des pages qui suivent. Parlons chiffres. Un recours devant la Cour constitutionnelle coûte autour de 40.000 euros. Mais la loi-cadre a été divisée en deux textes distincts, ce qui pourrait encore alourdir la facture... L'Absym dispose sans doute de solide cotisations et n'a peut-être pas besoin de coup de pouce du GBO. Mais est-il raisonnable de consacrer autant d'argent à ces procédures ? Plus encore, l'UBPS annonce attaquer les mêmes lois, de son côté, devant la même cour. Des frais affolants, pour des procédures juridiques dont l'issue reste, par nature, incertaine. Additionnellement, que coûte la plainte devant la Commission européenne ?
Certes, faire face à trois chars est sûrement plus impressionnant qu'à un seul (on laissera Frank Vandenbroucke en discuter avec l'Homme de Tian'anmen). Mais n'aurait-on pas pu mutualiser et mettre l'ensemble des syndicats médicaux dans le poste de pilotage ? Ou y aurait-il d'autres raisons derrière ce choix ? Après tout, les prochaines élections médicales, même si elles ne sont que dans deux ans, sont déjà dans deux ans. D'ici là, « écartez-vous, on va manœuvrer »...