Actualités médicales internationales

Après un incendie, le sang et l’urine des pompiers se modifient en moins de 24 heures

Une étude américaine de petite ampleur auprès de 30 pompiers révèle des modifications rapides de nombreuses protéines après l’exposition aux fumées d’incendie. L’analyse urinaire pourrait, à terme, contribuer au suivi du risque professionnel de cancer chez les pompiers.

La Rédaction - 25 août 2026

firemen USA - pompiers américains

Les effets biologiques des fumées apparaissent presque immédiatement. Des chercheurs de l’UTHealth Houston ont détecté des changements dans le sang et l’urine de pompiers moins de 24 heures après leur intervention sur un incendie.

Pour cette étude publiée dans la revue Environment & Health, l’équipe a analysé des prélèvements effectués avant et après l’exposition au feu auprès de 30 pompiers. Les chercheurs ont identifié 330 groupes de protéines dans le sérum et 1.085 dans l’urine.

Les modifications se sont révélées beaucoup plus nombreuses dans les urines : 75 protéines présentaient une variation significative, contre dix dans le sérum. Quatre d’entre elles - LAMA4, LAMC1, VWF et B2M - formaient un réseau associé à plusieurs mécanismes biologiques impliqués dans le cancer, notamment le cancer pulmonaire à petites cellules.

Un signal biologique, pas un diagnostic

Ces résultats ne signifient pas qu’une intervention provoque un cancer en 24 heures. Ils montrent plutôt que l’exposition aux particules, aux métaux lourds et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques contenus dans les fumées entraîne rapidement un stress cellulaire mesurable. Certaines modifications pourraient aussi traduire un affaiblissement temporaire des défenses immunitaires qui participent à la surveillance des cellules tumorales.

Selon le communiqué diffusé par UTHealth Houston, l’urine pourrait ainsi devenir un outil non invasif de détection précoce des effets de l’exposition professionnelle. Elle semble plus sensible que le sang pour repérer les variations aiguës.

Les auteurs appellent toutefois à confirmer ces observations dans des cohortes plus importantes et suivies dans le temps. Ils envisagent, à terme, d’intégrer certains biomarqueurs aux examens de médecine du travail. L’objectif serait de mieux repérer les pompiers les plus exposés et de renforcer les mesures de prévention avant l’apparition d’une maladie.

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