Délégation des soins (aux infirmiers,...) : le CNOM met en garde contre l’effacement du médecin
Le Conseil national français de l’Ordre des médecins (CNOM) appelle à préserver le rôle central du médecin dans la coordination des soins. S’il soutient l’élargissement des compétences des autres professionnels de santé lorsque celui-ci est pertinent et sécurisé, il refuse que cette évolution conduise à marginaliser progressivement les médecins.

L’Ordre accueille ainsi favorablement les derniers textes réformant la profession infirmière. Il rappelle toutefois qu’« autonomie ne signifie pas indépendance ». Selon lui, l’organisation du système de santé doit continuer à reposer sur une coordination médicale garantissant la qualité, la sécurité et la continuité des soins.
Des dispositifs qui suscitent des inquiétudes
Le CNOM s’interroge notamment sur la généralisation de l’expérimentation pharmaceutique OSyS ainsi que sur les réflexions visant à faire évoluer le cadre d’exercice des infirmiers en pratique avancée (IPA). Présentées comme des réponses aux difficultés d’accès aux soins, ces transformations pourraient, selon l’Ordre, fragmenter les parcours et exposer certains patients à des pertes de chances.
« Le médecin est, et doit rester, le pilier de la coordination des soins en ville comme à l’hôpital, le garant de leur qualité et de leur sécurité. »
Les nouvelles répartitions de compétences ne doivent donc pas être conçues au détriment des médecins ni de leurs patients, insiste le CNOM. Le référentiel professionnel médical, désormais consacré par le dispositif de certification périodique, doit également être préservé.
Une démographie médicale bientôt plus favorable
Le Conseil national rappelle enfin que la démographie médicale devrait repartir à la hausse au cours des prochaines années. Les projections évoquent une augmentation de 40 % du nombre de médecins à l’horizon 2040.
Dans ce contexte, l’Ordre estime nécessaire de préparer l’avenir en consolidant leur place plutôt qu’en organisant leur effacement. « Le médecin est, et doit rester, le pilier de la coordination des soins en ville comme à l’hôpital, le garant de leur qualité et de leur sécurité », conclut-il dans son communiqué du 15 juillet.