Politique régionale

Yves Coppieters - Les Engagés

iciSanté remplace ProxiSanté : neuf consortiums pour mieux coordonner les soins en Wallonie

La Wallonie lance iciSanté, une réforme pilote de l’organisation régionale des soins appelée à remplacer à terme le dispositif ProxiSanté. Neuf consortiums réunissant les acteurs de la santé et du social sont déjà engagés dans une phase pilote, explique à Belga le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters.

La Rédaction/Belga - 15 juillet 2026

La crise climatique et les récentes vagues de chaleur l’ont une nouvelle fois démontré : les problèmes de santé ne peuvent être dissociés des conditions de vie. Isolement social, précarité, pauvreté, vieillissement ou logement inadéquat sont autant de facteurs susceptibles d’aggraver la vulnérabilité de la population, précise le ministre.

Pour le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés), les acteurs de terrain doivent donc mieux travailler ensemble. C’est l’ambition d’iciSanté, la nouvelle organisation régionale appelée à remplacer l’actuel dispositif ProxiSanté.

Présentée ce mercredi 15 juillet à Namur, la réforme doit mettre en place des plateformes territoriales de coordination associant les professionnels de la santé, mais aussi les services sociaux, les communes, les CPAS et les acteurs de la santé mentale.

« Il faut anticiper les besoins de santé de la population et trouver des réponses communes », explique le ministre.

De ProxiSanté à iciSanté

Yves Coppieters souligne toutefois qu’iciSanté ne repart pas d’une page blanche. La réforme prolonge le travail engagé sous la précédente législature avec ProxiSanté. Un décret avait alors été adopté, mais sans véritable traduction opérationnelle.

« Nous avons gardé le décret, mais nous avons mis en place, avec les acteurs de terrain, un cadre opérationnel », précise-t-il.

La réforme est actuellement testée sur le terrain. Neuf consortiums réunissant des acteurs de la santé et du social ont été constitués en Wallonie. Ils doivent analyser les besoins propres à leur territoire, mieux structurer l’offre de première ligne et définir des réponses adaptées aux caractéristiques de leur population.

« Il ne s’agit donc pas d’appliquer partout un modèle uniforme, mais d’organiser la coopération à une échelle suffisamment proche des citoyens. »

Petite enfance, vieillissement et santé mentale

Les mille premiers jours de la vie figurent parmi les premières priorités. Cette période, allant de la grossesse aux deux premières années de l’enfant, est considérée comme déterminante pour son développement et sa santé future.

« Les consortiums travailleront également sur le vieillissement de la population. L’objectif est d’assurer une prise en charge plus continue des personnes âgées et de leur permettre de rester autant que possible à domicile. » Yves Coppieters évoque à cet égard la future « garantie autonomie », destinée à mieux organiser et soutenir l’accompagnement de la perte d’autonomie.

D’autres enjeux de santé publique devront progressivement être intégrés, notamment la santé mentale, l’obésité, l’isolement social, la précarité et la pauvreté. Le ministre entend surtout renforcer la prévention afin que les pouvoirs publics n’interviennent pas seulement une fois les difficultés installées.

« Le médecin ne fait pas que soigner les gens. Il doit aussi faire de la prévention, de la promotion de la santé et être en contact avec les acteurs du social. »

Pour les citoyens, iciSanté doit se traduire par une prise en charge plus rapide et mieux coordonnée. « On ne peut plus se permettre d’attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour voir un médecin », estime Yves Coppieters.

La réforme s’adresse tout autant aux professionnels. Le ministre souhaite développer les pratiques collaboratives sans remettre en cause l’autonomie de chacun. Un médecin pourra conserver son cabinet et son mode d’exercice, mais il sera encouragé à participer davantage aux dynamiques de son territoire.

« Le médecin ne fait pas que soigner les gens. Il doit aussi faire de la prévention, de la promotion de la santé et être en contact avec les acteurs du social », souligne le ministre. Une partie des problèmes rencontrés en consultation est en effet liée aux conditions sociales des patients.

Aucune participation obligatoire n’est prévue. Yves Coppieters estime toutefois que cette collaboration entre professionnels de la santé et acteurs sociaux deviendra indispensable pour anticiper les besoins d’une population vieillissante et éviter que chaque intervenant continue à travailler isolément.

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