LinkUp à Molenbeek
Salle de consommation à Bruxelles : un coût de 7,8 millions pour six usagers de drogues par jour
Depuis l’ouverture de la salle de consommation LinkUp à Molenbeek, une moyenne de 6,5 usagers par jour s’y est présentée. Ce résultat est en décalage avec le coût sociétal et financier de ce projet, constate le député bruxellois Mathias Vanden Borre (N-VA) sur base de chiffres récents.
« Pour un projet d’un tel coût, ces chiffres sont totalement disproportionnés », estime le député N-VA. L’effectif de la salle de consommation à moindre risque LinkUp compte 17,5 équivalents temps plein (ETP) : 14 ETP pour la gestion de LinkUp, un agent de sécurité et 2,5 ETP pour le volet social et médical.
« Cela signifie qu’environ 20 membres du personnel s’occupent de six à sept usagers à peine par jour. C’est totalement disproportionné. Depuis l’ouverture, 151 personnes ont visité LinkUp et seulement 96 ont effectivement utilisé les services. Ces résultats montrent que ce projet a été imposé sans analyse d’impact claire et sans que la nécessité de cette salle d’injection ait été démontrée », affirme Mathias Vanden Borre.
Il critique également le coût du projet. À ce jour, celui-ci s’élève à 7,85 millions, « de l’argent public qui n’est aujourd’hui pas consacré à la sécurité, à la propreté ou aux services de base, mais à un projet à la portée particulièrement limitée, imposé de force au quartier ».
Ouvert en décembre dernier et agréé et financé par Iriscare, le dispositif est implanté boulevard Léopold II, à proximité immédiate de la station de métro Ribaucourt.
"Discipline budgétaire"
Les coûts de personnel s’élèvent à environ 1,1 million d’euros par an. Sur une base annuelle, le nombre d’usagers représenterait environ 1.300 passages. Cela signifie que les coûts opérationnels par consommation de drogue atteignent 850 euros, sans tenir compte des coûts initiaux de construction.
Le député Vanden Borre ne souscrit pas à l’argument des ministres compétents Ahmed Laaouej (PS) et Dirk De Smedt (Anders), selon lesquels une partie des consommations se dérouleraient, autrement, dans l’espace public.
« Même si l’on suit cet argument, la question demeure de savoir s’il s’agit de l’utilisation la plus efficace et la plus responsable des moyens », déclare Mathias Vanden Borre, qui appelle le gouvernement bruxellois à réévaluer en profondeur le projet en raison de la nécessaire discipline budgétaire.