Suite à l'affaire de l'H.U.B.
La FEF appelle à rémunérer les stages de plus de six semaines
La Fédération des étudiants francophones (FEF) a adressé lundi matin aux chefs de groupe de la Chambre une proposition de loi visant à instaurer une rémunération pour les stages de plus de six semaines.
Le texte entend mieux encadrer les stages et alléger la charge financière qu'ils représentent pour les étudiants. Il prévoit d'imposer aux organismes d'accueil le remboursement des frais directement liés au stage, notamment les frais de déplacement et le matériel nécessaire à sa réalisation.
Il introduit également une "gratification" obligatoire pour les stages dont la durée dépasse six semaines.
"Aujourd’hui, on demande aux étudiants de payer pour travailler, ce n’est pas normal. La situation est d’autant plus grave quand on demande à des stagiaires de faire le travail de leurs collègues absents", explique Adam Assaoui, président de la FEF.
"On ne les abandonne pas", rassure le Dr Fastrez
En Belgique, les stages effectués dans le cadre d'un cursus sont en principe considérés comme des activités de formation et non comme une relation de travail. Ils ne donnent dès lors pas lieu à une rémunération obligatoire, ni à un remboursement systématique des frais, sauf dispositions spécifiques ou initiatives volontaires des organismes d'accueil.
L'initiative de la FEF intervient après la décision de l'Hôpital universitaire de Bruxelles (H.U.B.) de ne plus rémunérer les gardes effectuées par des étudiants en médecine, une mesure qui a suscité un mouvement de protestation parmi les étudiants.
L'H.U.B. indique avoir été contraint de revoir sa pratique à la suite d'un contrôle de l'Office national de la sécurité sociale (ONSS), et précise que cette décision concerne uniquement les étudiants de bloc 4, 5 et 6, qui ne disposent pas encore du statut de médecin ni d'un contrat de travail.
Interrogé lundi matin sur La Première, le directeur associé du service de gynécologie-obstétrique de l'H.U.B., le Dr Maxime Fastrez, a voulu se montrer rassurant à l'égard des étudiants. "On ne les abandonne pas. Nous estimons que le travail de nuit doit être rémunéré et nous cherchons une solution avec l'université", a-t-il déclaré, s'exprimant en sa qualité de président du Collège royal des gynécologues francophones.
93% des étudiants pour la suspension des gardes
Suite à la décision de l'H.U.B., 93% des étudiants en médecine s'étaient prononcés en faveur d'un mouvement de suspension de la présence des internes durant les gardes, indiquaient, samedi soir, dans un communiqué commun, le Comité Inter-Universitaire des Étudiants en Médecine (CIUM), le Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), l'Organisation Représentative des Étudiants (ORE) et la Fédération des Étudiants Francophones (FEF).
Environ 300 étudiants issus des facultés de médecine de l'ULB et de l'UMons sont de garde tous les mois au sein des trois établissements de l'HUB (l'Institut Jules Bordet, l'hôpital Erasme et l'hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola).
"Exiger des étudiants qu'ils assurent un tel volume de gardes gratuitement constitue, aux yeux des organisations signataires, une injustice organisationnelle inacceptable, un flagrant mépris, et un profond irrespect du travail de ces futurs médecin", soulignait le communiqué.
Les organisations étudiantes avaient dès lors décidé de déposer un préavis de grève. Une assemblée générale se tient ce lundi 13 avril "afin de voter officiellement les positions du mouvement étudiant et de planifier les modalités d'action concertée".