Dépistage du cancer colorectal : le rappel fait la différence
À l’occasion de Mars Bleu, les Mutualités libres mettent en avant les résultats d’une campagne menée par Partenamut pour renforcer la participation au dépistage du cancer colorectal. L’envoi de rappels personnalisés a permis d’augmenter significativement le nombre de tests réalisés dans plusieurs provinces. Un signal encourageant alors que la participation reste très insuffisante en Belgique francophone.
Le cancer colorectal reste l’un des cancers les plus fréquents en Belgique. Pourtant, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, son pronostic est généralement favorable. D’où l’importance des programmes de dépistage organisés destinés aux personnes âgées de 50 à 74 ans, reposant sur un test immunologique fécal - le colotest - simple, gratuit et réalisable à domicile.
Mais encore faut-il que les citoyens franchissent le pas. En Belgique francophone, la participation plafonne autour de 20 %, très loin de l’objectif européen de 65 %. Les raisons sont connues : crainte du résultat, confusion avec la coloscopie, absence de symptômes ou manque d’information.
Dans ce contexte, les mutualités affirment pouvoir jouer un rôle d’appoint non négligeable. Les Mutualités libres mettent en avant l’exemple d’une de leur mutualité, Partenamut, dont la campagne menée en 2025 semble avoir produit des résultats tangibles.
Des résultats mesurables sur le terrain
La campagne de sensibilisation lancée à l’occasion de Mars Bleu a touché plus de 1,6 million de personnes. Au total, plus de 300.000 affiliés de plus de 50 ans ont été directement sensibilisés au dépistage.
L’initiative la plus marquante repose sur l’envoi de rappels personnalisés. Entre février et décembre 2025, près de 38.000 affiliés ont reçu un courrier les incitant à réaliser le test. Dans trois provinces pilotes, cette démarche a conduit à environ 1.100 dépistages supplémentaires.
Les hausses observées sont significatives :
-+12,6 % dans le Hainaut
-+14,8 % à Liège
-+7,5 % dans le Brabant wallon
Ces résultats suggèrent que des interventions ciblées peuvent renforcer l’efficacité des programmes organisés.
« L’envoi de rappels personnalisés constitue un levier reconnu pour améliorer la participation, notamment auprès des publics plus fragilisés », souligne Michel Candeur, coordinateur auprès du Centre de coordination et de référence pour le dépistage des cancers (CCRef).
Un rôle complémentaire des mutualités
Les Mutualités libres rappellent qu’elles disposent d’un contact direct et régulier avec leurs affiliés. Cette proximité en fait un relais potentiel entre les autorités sanitaires et la population cible.
L’expérience de Partenamut montre notamment que les rappels personnalisés favorisent le passage à l’acte ; une communication adaptée permet de lever certains freins psychologiques ; un ton accessible facilite l’appropriation du message.
La campagne « PQR code », lancée en mars 2026, s’inscrit dans cette logique. Elle combine affichage, communication digitale et actions en agence pour inciter concrètement les personnes de plus de 50 ans à retirer ou commander leur kit de dépistage.
Car le principal obstacle n’est pas la complexité du test, mais la décision de le réaliser.
Dans ce domaine, l’expérience montre qu’un simple rappel peut parfois suffire à transformer l’intention en action. Et, potentiellement, à permettre un diagnostic plus précoce.