Médecine générale

[opinion] Pourquoi les médias donnent-ils si peu la parole aux médecins ?

Comme s’ils avaient, à demeure, une tribune libre qui leur était réservée, le ministre de la santé et les dirigeants des mutualités peuvent s’exprimer presque librement dans la presse écrite et les médias télévisés. Mais pourquoi donne-t-on si peu la parole aux médecins ou seulement à ceux qui participent au système et ont tout intérêt à voir la médecine s’étatiser ?

Les mutuelles et notre ministre fédéral de tutelle, craignent-ils donc tant d’entendre leurs « quatre vérités » et de devoir affronter le monde médical en direct ? Ont-ils si peur d’avoir à comparer ouvertement le salaire d’un médecin avec celui d’un dirigeant de mutualité ? Craignent-ils d’avoir à justifier d’où proviennent leurs bénéfices exorbitants investis en immobilier (hôtels de luxe, stations de ski...) chaînes de pharmacie, hôpitaux... et placements financiers alors qu’ils ont un statut d’asbl, comme simple intermédiaire entre l’INAMI et le patient ?

Les mutuelles ont-elles si peur, en tant qu’assureur, de devoir s’acquitter de l’impôt, et payer leurs arriérés qui s’élèvent déjà à plus de 400 millions d’euros ?

Et quoiqu’en dise le Professeur Jean-François Husson , professeur de finances publiques à l’UCLouvain (1), cette manne financière est totalement disproportionnée pour constituer un simple fond de réserve.

Ont-ils si peur, en tant qu’assureur, de devoir s’acquitter de l’impôt, et payer leurs arriérés qui s’élèvent déjà à plus de 400 millions d’euros, comme le font les autres compagnies d’assurances ?

Patrick De Moor

Craignent-ils d’admettre que les suppléments d’honoraires médicaux, pointés du doigt pour les patients en chambre seule, ne sont en fait qu’un complément d’honoraires validé et approuvé en son temps par l’INAMI ?  Un accord  «win-win» entre l’INAMI et les assurances santé. Ces compléments d’honoraires payés par les assurances étaient intégrés au salaire du médecin permettant à l’INAMI de faire des économies sur les codes de prestation, dont bénéficiaient également les hôpitaux pour maintenir la tête hors de l’eau. Et apparemment personne ne s’en plaignait, jusqu’au jour où les mutuelles ont décidé de s’autoproclamer « assureurs » ...

Assurances complémentaires et suppléments

Ont-ils peur à ce point d’être dénoncés sur la place publique, pour la façon dont ils proposent des assurances complémentaires à leurs affiliés et les convaincre, le moment venu de ne surtout pas les utiliser, leur prédisant les pires suppléments ? Et bingo, ils font d’une pierre 2 coups ! Un peu comme si vous réserviez une chambre de luxe sur Booking® et qu’arrivé à l’hôtel on vous persuadait de prendre la chambre standard.

Craignent-ils de reconnaître qu’aujourd’hui, le rôle des mutuelles est devenu obsolète et leur mode de fonctionnement beaucoup trop onéreux, malgré que le Professeur Husson , encore lui, prétende que le système mutualiste belge soit tout à fait efficient ? Je serais intéressé de connaître ses arguments et surtout ses intérêts à raconter de telles contre-vérités (1) ...

Ont-ils si peur de devoir remettre leurs milliards en jeu pour combler le déficit des soins de santé plutôt que d’aller continuellement puiser dans la poche des médecins ?

Il est tellement plus facile de se couvrir mutuellement et de faire porter le chapeau aux vilains médecins qui s’enrichissent sur le dos des malheureux patients...

Craignent-ils d’avouer que la politisation des mutuelles en Belgique est devenue une ineptie, mais que ce système ancestral est maintenu car il demeure une manne céleste pour les différents partis politiques concernés ? Mais là, étonnamment, c’est l’omerta sur le sujet.

Il est tellement plus facile de se couvrir mutuellement et de faire porter le chapeau aux vilains médecins qui s’enrichissent sur le dos des malheureux patients...

J’attends toujours d’être invité sur un plateau de télévision face à un de ces dirigeants de mutuelles ou à notre ministre de la Santé pour avoir une réponse claire à toutes ces questions... Eux qui sont si régulièrement conviés à donner leur opinion sur le sujet sans jamais être contrariés.  C’est un peu comme si dans un procès, l’accusé n’était pas convié, ni représenté et n’aurait donc aucune possibilité de se défendre !

(1)    Article publié dans le Libre Belgique le 6 janvier 2026 dernier, sous le titre « Les mutualités bénéficient d’un traitement fiscal différencié : est-ce justifié ?"

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Écrit par Patrick De Moor9 février 2026
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