L'exil français vers Bruxelles pour échapper aux réquisitions

Leur déplacement n’avait rien d’un simple coup de com’. Quelque 2.500 médecins libéraux français ont convergé vers Bruxelles, via 90 autocars le dimanche 11 janvier, pour dénoncer la nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale. Les praticiens de « secteur 2 » – qui facturent des compléments d’honoraires – y voient une dérive autoritaire : la réforme vise à limiter les suppléments, au risque, selon eux, d’asphyxier certaines spécialités et d’aggraver les tensions d’accès aux soins.
Mais, au-delà des réformes, ce sont surtout les réquisitions qui interpellent. Les syndicats parlent de réquisitions massives, parfois notifiées à quelques heures du mouvement, et jugées disproportionnées au regard des dispositifs de permanence de soins déjà existants. Ils dénoncent des listes transmises aux établissements, alors que la procédure devrait être individuelle, et affirment que 400 à 500 inscrits à l’« Opération Bruxelles » n’ont pas pu rejoindre la mobilisation du fait de l'autorité publique
Les témoignages recueillis décrivent aussi des méthodes qui heurtent : policiers qui interviennent de nuit au domicile de médecins, réquisitions en présence de patients... autant de scènes vécues comme intimidantes pour le personnel comme pour la patientèle.
Les autorités françaises ont fait le choix d'une ligne dure, qui va au-delà des minimaux de présence habituellement requis dans ces établissements.