Les Engagés veulent rendre le Nutri-Score obligatoire sur les emballages alimentaires
Ce mardi 20 janvier, le groupe Les Engagés à la Chambre a inscrit à l’ordre du jour de la Commission Santé une proposition visant à rendre le Nutri-Score obligatoire sur l’emballage des denrées alimentaires. L’initiative est portée par Jean-François Gatelier, député fédéral et médecin, avec un objectif clairement assumé : renforcer la prévention en santé publique en donnant à chaque citoyen une information nutritionnelle simple, visible et scientifiquement fondée.
En Belgique, le Nutri-Score repose aujourd’hui sur le volontariat. Résultat : l’information fournie au consommateur reste parcellaire, hétérogène, parfois totalement absente selon les marques et les catégories de produits. Dans ce contexte, les choix alimentaires se font encore trop souvent à l’aveugle, alors même que le lien entre alimentation et santé est solidement documenté.
Les données épidémiologiques sont connues : les habitudes alimentaires contribuent directement à l’augmentation des maladies cardiovasculaires, des pathologies métaboliques, du diabète, de l’obésité et de plusieurs types de cancers. Autant de maladies chroniques qui pèsent lourdement sur la santé des patients comme sur les finances de l’assurance maladie.
« On ne peut pas, d’un côté, vouloir maîtriser les dépenses de santé et, de l’autre, négliger les outils de prévention les plus efficaces."
Pour Jean-François Gatelier, le paradoxe n’est plus tenable. « On ne peut pas, d’un côté, vouloir maîtriser les dépenses de santé et, de l’autre, négliger les outils de prévention les plus efficaces. Informer clairement la population, c’est permettre à chacun de faire des choix éclairés, sans culpabiliser, mais en responsabilisant. Le Nutri-Score est un outil simple, compris par tous, y compris par les publics les plus vulnérables », souligne le député.
Au-delà de l’information du consommateur, le Nutri-Score agit également comme un signal adressé à l’industrie agroalimentaire. Dans les pays où il est largement adopté, il a montré un effet incitatif sur la reformulation des produits, avec une réduction progressive des teneurs en sel, en sucres et en graisses saturées.
Un impact structurel sans interdiction
Rendre le Nutri-Score obligatoire permettrait, selon Les Engagés, de répondre à plusieurs objectifs de santé publique sans recourir à des mesures coercitives. Il s’agirait notamment de renforcer la prévention primaire des maladies chroniques, de réduire à terme la charge des pathologies cardiovasculaires et métaboliques, et de lutter contre les inégalités sociales de santé en garantissant à tous un accès identique à l’information nutritionnelle.
La proposition se veut résolument non stigmatisante : pas d’interdiction, pas de taxation supplémentaire, mais un éclairage clair et lisible au moment de l’achat, là où se prennent concrètement les décisions alimentaires.
Une vision cohérente en période de contraintes budgétaires
Dans un contexte de forte pression sur les budgets de la santé, cette initiative s’inscrit dans une logique de long terme, axée sur la prévention plutôt que sur la seule prise en charge des conséquences.
Pour ses auteurs, le Nutri-Score obligatoire incarne une approche pragmatique de la santé publique : agir en amont, à coût limité, pour freiner la progression de maladies largement évitables et améliorer durablement l’état de santé de la population.