Infectiologie

Santé mondiale

Bruxelles met près de 800 millions d'euros sur la table pour le VIH, la tuberculose et la résistance aux antimicrobiens

La Commission européenne entend renforcer son programme de santé mondiale en prenant de nouveaux engagements à hauteur de près de 800 millions d'euros. Lors du sommet One Health à Lyon, le commissaire Jozef Síkela a annoncé un soutien supplémentaire au Fonds mondial, des fonds supplémentaires pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (RAM) et des investissements dans la recherche de nouveaux antibiotiques. Bruxelles considère que les maladies infectieuses et la résistance aux antimicrobiens sont des priorités géopolitiques et cliniques.

Filip Ceulemans - 9 avril 2026

En annonçant une contribution de 700 millions d'euros au huitième refinancement du Fonds mondial, la Commission européenne entend confirmer son rôle de poids lourd dans la lutte mondiale contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Sur ce montant, 185 millions d'euros sont immédiatement disponibles dans le cadre du budget pluriannuel actuel. Les fonds doivent être déployés au niveau national entre 2027 et 2029, en mettant l'accent sur les groupes vulnérables, notamment les femmes et les filles qui ont souvent plus de difficultés à accéder à des soins vitaux.

Coopération Europe-Afrique

La Commission alloue également 46,5 millions d'euros au renforcement de la coopération entre l'Afrique et l'Europe dans le cadre de l'initiative "Une seule santé". L'accent est mis sur la surveillance de la résistance aux antimicrobiens, la prévention et la lutte contre les infections, le renforcement des capacités des laboratoires et des diagnostics, et l'intensification de la coopération entre le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies, entre autres.

Eurocommissaris Jozef Sikela
Jozef Sikela a annoncé le soutien européen lors du One Health Summit à Lyon (c) Belga

Ce choix n'est pas fortuit. La RAM est de plus en plus considérée comme une pandémie silencieuse : la résistance est déjà associée aujourd'hui à plus de 35.000 décès par an en Europe et à un coût annuel d'environ 11 milliards d'euros pour les soins de santé européens. Si aucune mesure supplémentaire n'est prise, la RAM pourrait tuer jusqu'à 10 millions de personnes par an dans le monde d'ici à 2050, dont 4,5 millions en Afrique.

Le changement climatique

La recherche et le développement bénéficient également d'une nouvelle injection. La Commission alloue 30 millions d'euros à la mise au point de nouveaux antibiotiques et d'autres contre-mesures médicales pour lutter contre la résistance. Ces fonds, gérés par la banque de développement allemande KfW, devraient accélérer à la fois la recherche antibactérienne précoce et le développement clinique ultérieur. En outre, 20 millions d'euros seront alloués à la DNDi, par l'intermédiaire de l'Agence française de développement, pour mettre au point des traitements contre la dengue. Ce faisant, Bruxelles reconnaît implicitement que les infections à transmission vectorielle, dues en partie au changement climatique, occupent une place de plus en plus importante dans l'agenda européen en matière de santé.

Ces annonces s'inscrivent dans le cadre de la nouvelle initiative de résilience sanitaire mondiale, présentée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans son état de l'Union 2025, qui devrait être lancée avant l'été. Selon la commissaire Síkela, "la sécurité sanitaire mondiale est une responsabilité partagée et un investissement stratégique dans notre avenir commun". En soutenant le Fonds mondial et le nouveau programme One Health avec l'Afrique, l'UE entend se profiler comme "un partenaire fiable" pour la coopération internationale et l'investissement à long terme dans la santé.

Préparation européenne

Hadja Lahbib - Europees commissaris
Hadja Lahbib : "Cette approche s'attaque à la résistance aux antimicrobiens et renforce l'état de préparation de l'UE face aux futures menaces sanitaires".

La commissaire Hadja Lahbib établit également un lien explicite entre les investissements annoncés et l'état de préparation de l'Europe. "En soutenant l'innovation depuis la découverte précoce jusqu'à la validation clinique, l'UE peut accélérer le développement de produits antibactériens vitaux et garantir leur disponibilité", déclare-t-elle. "Cette approche permet de lutter contre la résistance aux antimicrobiens et de renforcer l'état de préparation de l'UE face aux futures menaces sanitaires.

La Commission place à nouveau les maladies infectieuses, la résistance aux antimicrobiens et la résilience des systèmes de santé au cœur de sa politique de santé. Cela est également pertinent d'un point de vue clinique : les problèmes de résistance, l'accès à des antibiotiques efficaces, les maladies émergentes à transmission vectorielle et la vulnérabilité des systèmes de soins de santé ont depuis longtemps cessé d'être des questions mondiales lointaines, mais touchent directement les soins aux patients européens.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un partenaire premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • newsletter hebdomadaire avec des nouvelles de votre secteur
  • l'accès numérique à 35 revues spécialisées et à des aperçus du secteur financier
  • Vos messages sur une sélection de sites web spécialisés
  • une visibilité maximale pour votre entreprise
Vous êtes déjà abonné? 
Magazine imprimé

Édition Récente
24 juin 2025

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine