Une consultation sur six...
Voici le profil des patients considérés comme "difficiles" par les médecins
Une équipe de chercheurs du Clement J. Zablocki Medical Center (Wisconsin), attaché au Département américain des vétérans, s’est penchée sur la prévalence et les caractéristiques des patients jugés difficiles en consultation. Les résultats de leur étude viennent d’être publiés dans les Annals of Internal Medicine.
Aïe, ce patient que vous trouvez parfois « pas facile » (euphémisme), qui ne semble jamais vraiment satisfait par vos explications et/ou les traitements que vous préconisez, figure à nouveau à l’agenda de vos consultations de l’après-midi…
Quelles vont donc être ses nouvelles attentes ? Et que faire pour bien faire ? C'est qu'il ne faudrait pas verser dans la surmédicalisation en l'envoyant systématiquement en seconde ligne ou, au contraire, prendre trop de distances et risquer de ne plus assurer...
Prévalence & profil
Partant du fait que certains patients sont parfois perçus comme « difficiles » par les professionnels de santé, neuf chercheurs du Centre médical Clement J. Zablocki, hôpital associé à l’US Department of Veterans Affairs et situé à Milwaukee dans le Wisconsin, ont cherché à mesurer la prévalence en consultation de cette population de patients (des adultes uniquement) et à essayer de les caractériser. Précisons que l’étude n’a porté que sur des consultations en contexte non psy.
« Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les caractéristiques des patients et des professionnels associées à cette difficulté, ainsi que les issues pour les patients », précisent les chercheurs dans l’abstract de leur étude dont les résultats ont été publiés dans les Annals of Internal Medicine du 13 janvier dernier.
Les données utilisées ont été extraites de différentes sources (Medline, Web of Science, SciELO, ProQuest, Theses, Scopus, Cochrane Central Register of Controlled Trials, …) afin de dresser le profil des patients (sexe, diagnostic de santé mentale, somatisation, troubles de la personnalité et douleur chronique), celui des professionnels de santé (cadre de la consultation, épuisement professionnel, années d’expérience et sexe) et les issues des consultations (attentes non satisfaites/satisfaction des patients).
Anxieux, dépressifs, douloureux...
La prévalence des consultations jugées « difficiles » parmi les patients vus en clinique était de 0,17% dans l'étude, soit une consultation sur six. Voici les caractéristiques de cette patientèle associées à une augmentation de la "difficulté" :
- Troubles de la personnalité (risque relatif [RR] 2,2) ;
- Dépression (RR 1,9) ;
- Anxiété (RR 2,1) ;
- Douleur chronique (RR 1,9).
Par ailleurs, l’étude montre que les professionnels de santé moins expérimentés qualifient de "difficiles" davantage de consultations. L'expérience du médecin lui permet sans doute d'aborder les choses différemment, de les reformuler quand il sent que le patient n'a pas compris (et en prenant davantage de temps), ou encore de rassurer le patient jugé "difficile" parce qu'il le sent anxieux ou le sait douloureux chronique.
Enfin, l'étude montre que les patients perçus comme difficiles étaient plus susceptibles d’avoir des attentes non satisfaites ou une satisfaction plus faible lors de la consultation.
Référence
Jeffrey L. Jackson, Akira Kuriyama, Jeff Whittle, et al. The Prevalence and Characteristics of Difficult Patient Encounters: A Systematic Review and Meta-analysis. Ann Intern Med. [Epub 13 January 2026]. doi:10.7326/ANNALS-25-01882