Zona
Zoom sur la « ceinture de feu » qui touche jusqu’à un Belge sur trois
Ce lundi 23 février débutera la Semaine internationale de sensibilisation au zona (Shingles Awareness Week). L’occasion de rappeler que cette affection virale, souvent banalisée, peut avoir des conséquences durables sur la qualité de vie des patients. En Belgique, jusqu’à une personne sur trois développera un zona au cours de sa vie.
Pour rappel, le zona, ou herpès zoster, résulte de la réactivation du virus varicelle-zona. Après une varicelle, contractée par près de 95 % des adultes, le virus reste latent dans l’organisme, parfois pendant des décennies. Sous l’effet d’une baisse de l’immunité - liée à l’âge, au stress, à une maladie ou à certains traitements - il peut se réactiver.
Contrairement à la varicelle, le zona n’est pas contagieux entre personnes déjà porteuses du virus. En revanche, une personne atteinte peut transmettre le virus à quelqu’un qui n’a jamais eu la varicelle, provoquant alors une primo-infection.
Avec une estimation comprise entre 19.000 et 48.000 nouveaux cas par an en Belgique, l’impact de cette pathologie reste largement sous-estimé.
Des symptômes parfois durables
Des symptômes précoces peuvent précéder l’éruption : douleurs intenses, sensations de brûlure, hypersensibilité cutanée, modification de la couleur de la peau ou adénopathies locales.
La professeure Isabel Leroux-Roels, directrice du CEVAC à l’Hôpital universitaire de Gand et membre du Conseil supérieur de la Santé, rappelle que « le zona est bien plus qu’une simple éruption cutanée ». L’inflammation nerveuse peut entraîner des douleurs persistantes, parfois longtemps après la disparition des lésions. Chez certains patients, celles-ci évoluent vers une névralgie post-herpétique, une douleur chronique invalidante, souvent mal reconnue une fois la peau cicatrisée.
Les plus de 50 ans en première ligne
En Belgique, près de deux tiers des personnes atteintes de zona ont plus de 50 ans. Avec l’âge, l’immunité cellulaire diminue, augmentant le risque de réactivation virale mais aussi celui de complications. Les données montrent que plus de 60 % des hospitalisations liées au zona concernent les plus de 70 ans.
Le professeur Pierre Van Damme, directeur du Centre for the Evaluation of Vaccination, souligne que « chez les plus de 50 ans, les complications sont non seulement plus fréquentes, mais aussi plus sévères ». La névralgie post-herpétique peut durer des mois, voire des années, avec un impact majeur sur le sommeil, la mobilité et la santé mentale. D’où l’importance d’une reconnaissance précoce des symptômes et d’une prise en charge rapide.
En mettant en lumière le zona et ses conséquences, cette semaine de sensibilisation vise à rappeler que cette maladie fréquente mérite une attention clinique accrue, en particulier chez les patients âgés et fragilisés.