Assuétudes
Faut-il devoir se désintoxiquer pour avoir droit au RIS?
Plusieurs associations s'inquiètent du souhait de la ministre fédérale de l'Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, d'obliger les personnes souffrant d'addiction à suivre un traitement de désintoxication pour percevoir le revenu d'intégration sociale (RIS).
Les fédérations des institutions spécialisées en matière de drogues et addictions et le Réseau belge de lutte contre la pauvreté appellent la ministre à la concertation pour lui proposer des alternatives.
Les professionnels du secteur et les personnes concernées estiment que "les menaces de sanction n'ont rien de bénéfique sur le traitement d'un patient".
Selon eux, ces revenus sont nécessaires pour aider les patients à se rétablir en leur apportant une stabilité. Sans cet apport, la guérison est "tout simplement impossible", selon les différentes associations. "Exiger un traitement alors qu'il n'est pas disponible en temps voulu ou qu'il n'est pas adapté, c'est transférer la responsabilité sur ceux qui ont le moins de contrôle sur la situation."
Différence de traitement
Les organisations déplorent une différence de traitement entre l'addiction et les autres troubles psychiques.
"L'octroi d'une allocation aux personnes souffrant de dépression clinique, de schizophrénie ou de troubles bipolaires n'est pas conditionné au 'succès' de leur traitement. Pourquoi le ferions-nous pour celles souffrant d'une dépendance ?", explique la présidente de l'association flamande pour la prise en charge des addictions (VVBV), Inge Temmerman.
Les associations accompagnées de la Coalition pour un CPAS humain souhaitent discuter avec la ministre sur la nécessité d'accompagner les personnes souffrant d'addiction et la manière de le faire.