Bruxelles
L'accès aux soins de santé mis en péril par "l'absence de décision politique"
Plus de 600 jours sans gouvernement à Bruxelles et une nouvelle structure contrainte de fermer ses portes: le centre médical Athéna, qui recevait depuis plus de dix ans des personnes n'ayant pas accès aux soins, a dû baisser le volet...
Maintes fois interpellées afin de pérenniser ce "pilier de l'accès aux soins dans la capitale", les autorités bruxelloises se retranchent derrière les affaires courantes.
"Il est inacceptable qu'un gouvernement se cache derrière les affaires courantes pour ne pas réagir face à cette urgence: affaires courantes veut aussi dire affaires urgentes", dénoncent, dans un communiqué commun, Médecins du Monde, Pharmacy.brussels et la Fédération des Associations de Médecins généralistes de Bruxelles (FAMGV), à l'initiative de ce service de soins à bas seuil.
"Incompréhensible et inhumain"
Les organisations fondatrices fustigent "l'absence de décision politique claire" pour garantir la pérennité d'un dispositif pourtant reconnu comme nécessaire.
"L'accès aux soins pour les publics fragilisés ne peut reposer sur des financements précaires, ni sur des décisions repoussées. Dans un contexte d'augmentation d'année en année de personnes sans chez soi sur le territoire bruxellois, cette rupture de services est incompréhensible et inhumaine", regrettent les partenaires.
Une telle fermeture est une "menace directe pour la santé publique à Bruxelles", avec des répercussions tous azimuts, soutiennent-ils.
"Le fond du problème, c'est que des problématiques structurelles sont gérées avec une approche facultative. Ce modèle est complètement bancal et non durable et ça, c'est une responsabilité politique", blâme Pierre Van Heddegem, le directeur des opérations belges de l'organisation humanitaire Médecins du Monde.
Les organisations demandent dès lors au gouvernement bruxellois de se positionner clairement sur la continuité et le financement structurel des dispositifs d'accès aux soins de première ligne.
Interpellé, le ministre Maron n'a pas donné suite dans l'immédiat.