Après le Covid, l’OMS teste la solidité réelle des États face à la prochaine crise
Six ans après le choc du Covid-19, les États sont-ils réellement prêts à affronter la prochaine crise sanitaire majeure ? En 2025, l’Organisation mondiale de la santé a organisé une série d’exercices de simulation grandeur nature en Europe, en Asie et dans le Pacifique pour tester, en conditions quasi réelles, la capacité des pays à détecter, signaler et gérer des menaces sanitaires à portée internationale. Objectif : vérifier si les leçons de la pandémie ont été retenues ou oubliées. Elle fait le point.
En 2025, des dizaines de pays à travers trois grandes régions du monde ont participé à des exercices de simulation grandeur nature pour tester leur capacité à détecter, signaler et gérer des crises sanitaires susceptibles d’avoir un impact international. Ces exercices ont été organisés sous la houlette du RSI (Règlement sanitaire international) en situation quasi réelle.
En particulier, trois exercices ont été menés.
Le premier est l’exercice CRYSTAL. Il teste la manière d’appréhender une nouvelle pandémie respiratoire au niveau du Pacifique occidental. Il concerne 31 pays ou « territoires ». L’idée est d’imaginer comment réagir face à une nouvelle maladie respiratoire de type grippal.
CRYSTAL analyse les points d’entrée (ports, aéroports), le partage le plus rapide possible des informations, l’évaluation du risque en temps réel.
La conclusion est que sans coordination aux frontières entre Etats et territoires, le combat contre la pandémie est perdu d’avance.
Grave crise alimentaire
Le deuxième test en situation réelle concerne l’Asie du Sud-Est et se nomme « SAPHIRE ». Il teste auprès de 10 pays les conséquences d’une grave crise alimentaire. Celle-ci est directement liée à la santé des populations, qui serait impactée.
Le test a mis en lumière la nécessité d’une meilleure clarté des rôles de chacun et d’une meilleure coordination intersectorielle. En outre, l’OMS a conclu que l’accès à sa plateforme d’alerte devrait être facilité.
Accident chimique transfrontalier
Le troisième exercice a pour nom JADE et concerne l’Europe. Il se penche sur les conséquences d’un accident chimique transfrontalier. Pas moins de 41 pays européens sont concernés. Outre les conséquences sur les acteurs sanitaires (hôpitaux, médecins, etc.), JADE analyse les fortes implications sur les acteurs non-sanitaires : environnement, protection civile, laboratoires, etc.
L’exercice est piloté par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et la Commission européenne. Le message est qu’une crise chimique n’est jamais uniquement sanitaire. Elle est aussi environnementale, industrielle et sécuritaire.
Crises sanitaires multirisques
Ce que l’OMS veut démontrer est que les crises sanitaires futures seront multirisques : sanitaires, chimiques, alimentaires, animales, etc. L’OMS a la prétention avec son RSI d’être la colonne vertébrale et de la sécurité alimentaire mondiale. Les exercices réguliers permettent de détecter les failles, d’améliorer la confiance entre institutions et d’accélérer les réactions en situation réelle.