Étude EFFECT
Cancer de l'utérus: les chances de survie varient selon l'hôpital
Une patiente atteinte d'un cancer de l'utérus a 7% de chances supplémentaires de survie si elle est prise en charge dans un hôpital avec plus d'expérience et d'expertise, ressort-il de l'étude EFFECT, menée par le Pr Frédéric Amant de l'UZ Leuven.
L'étude EFFECT a analysé les soins et les résultats chez 4.178 femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’utérus entre 2012 et 2016. Ces patientes ont été traitées dans 60 hôpitaux belges.
Les hôpitaux qui traitent chaque année un nombre suffisant de patientes atteintes de cancer de l’utérus obtiennent de meilleurs résultats sur plusieurs indicateurs de qualité et affichent également des taux de survie à long terme plus élevés que les hôpitaux avec un volume de patients plus faible.
La probabilité moyenne de survie corrigée dans les cinq ans suivant le diagnostic de cancer de l’utérus était inférieure de 7% pour les patientes traitées dans des hôpitaux à faible volume par rapport à celles traitées dans des hôpitaux à haut volume (65,6% contre 72,7%).
L'expertise des soins complexes
"Notre recherche démontre clairement que les hôpitaux qui ont plus d'expérience avec le cancer de l'utérus obtiennent de meilleurs résultats en matière de qualité de soins et de survie", précise le Pr Frédéric Amant, oncologue spécialisé en gynécologie et premier auteur de l'étude publiée dans l'International journal of gynecological cancer.
"Le contraste est particulièrement marqué chez les patientes à haut risque, pour lesquelles l’expertise développée par les hôpitaux plus expérimentés, grâce à un volume suffisant de patientes traitées, s’avère réellement bénéfique."
- Pr Amant
Le traitement de cette forme de cancer est souvent complexe et requiert une approche multidisciplinaire, selon Kom op tegen Kanker. "Les patientes avec un cancer rare ou complexe ont droit aux meilleurs soins possibles", souligne David Vansteenbrugge, directeur général de l'association.
En hausse à cause du vieillissement et de l'obésité
Le cancer de l’utérus est le cancer gynécologique le plus fréquent; il survient généralement après la ménopause. Le nombre de cas augmente dans le monde entier en raison du vieillissement de la population et de l’épidémie d’obésité.
Le traitement standard consiste en l’ablation de l’utérus et des ovaires, éventuellement suivie d’une chimiothérapie, d’une radiothérapie et/ou d’une immunothérapie.
En Belgique, la probabilité moyenne d’être en vie cinq ans après le diagnostic est d’environ 70%, "mais ce pourcentage varie en fonction, entre autres, du type de cancer de l’utérus et de l’âge de la patiente", explique Kom op tegen Kanker dans un communiqué.
Collaboration trop fragmentée
Le traitement du cancer de l’utérus est souvent complexe et nécessite une approche multidisciplinaire. L’étude confirme que l’expertise se développe grâce à l’expérience et à la collaboration, mais qu’elle reste aujourd’hui encore trop fragmentée. L’approche thérapeutique du cancer de l’utérus s’est complexifiée ces dernières années, ce qui renforce l’importance de la concentration des soins et d’une meilleure connaissance. En 2023, 1.410 femmes ont reçu un diagnostic de cancer de l’utérus en Belgique.
"Le contraste est particulièrement marqué chez les patientes à haut risque, pour lesquelles l’expertise développée par les hôpitaux plus expérimentés, grâce à un volume suffisant de patientes traitées, s’avère réellement bénéfique."