Déontologie médicale

Paris-Bruxelles,
mêmes combats

Bruxelles, un dimanche soir de janvier. 2.500 médecins français débarquent d’une petite centaine d’autocars. Ils viennent chercher chez nous ce que leur pays leur refuse : le droit de fermer le cabinet pour dire « stop ».

Dans l’imaginaire collectif, le terme « réquisition » est généralement associé aux catastrophes, plus récemment aux pandémies. Mais pas à une réforme budgétaire. Pourtant, à la veille d’un mouvement de contestation annoncé depuis des mois, des médecins libéraux sont massivement sommés d’aller travailler. Des témoignages évoquent des médecins réveillés en pleine nuit à leur domicile, ainsi que d’autres rapports de force disproportionnés.

Quelle étrange manière d’assurer la continuité des soins que d’empêcher des médecins de protester contre une loi qui aura elle-même pour conséquence, à les entendre, de pousser ces entrepreneurs à mettre la clé sous la porte, faute d’une rémunération suffisante (certains tarifs n’ont pas été indexés depuis plus de 30 ans) … Les soins auront été assurés cette semaine, oui, mais le sont-ils pour l’avenir ? C’est une vision on ne peut plus court-termiste. Quand l’État français confond concertation et contrainte, il plonge tout le système dans une crise de confiance. Au bout de la chaîne, c’est toujours le patient qui paye.

Limitation des suppléments, atteintes à la liberté de prescrire, rupture de la concertation, mutuelles pointées du doigt… tant de revendications qui sont familières à nos médecins belges. Les Français qui avaient choisi Bruxelles pour des raisons logistiques se font tendre un miroir par leurs homologues belges. La question n’est pas franco-belge, elle est européenne : comment financer un système à bout de souffle sans casser ceux qui le maintiennent debout ?

On peut rationnaliser et réformer, à condition de garder un pied sur le terrain. Où, à défaut, une oreille tendue vers lui. Pour Pedro Facon, le modèle de concertation n’est pas mort (lire son interview en page 6). On a envie d’y croire, notamment parce qu’on a peut-être un petit truc en plus. Finalement, n’était-ce pas ça que venaient chercher nos voisins français à Bruxelles ? La recette du fameux compromis à la belge ?

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Écrit par François Hardy15 janvier 2026

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